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do not do shit else + thésée & bane

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MessageSujet: do not do shit else + thésée & bane Mer 3 Juin - 15:41

Des battements de cœurs, irréguliers, d’ivrognes à moitiés endormis, de menteurs, de gosses buvant leur première Tekila alors qu’il n’en ont pas officiellement l’âge, de la vue d’une personne non désirée, de l’adrénaline du premier baiser, d’une entrevue secrète… Je les écoute. Je les supporte. S’en est devenu un bourdonnement désormais habituel, auquel je me suis attachée au fil des années. Je pourrais, oui, ne pas les écouter, ne pas y faire attention. Mais je ne veux pas. Mais c’est mes caméras de surveillance. Je sais exactement ce qu’il se passe, les entrées, les sorties, les clients, les débuts d’embrouilles, les badauds qui ne veulent pas payer ou sortir quand ils ont pris trop de verres, quand les employés ne travaillent pas… Verre de Whisky à la main, fléchettes dans l’autre et cible en vue, bedo roulé à la bouche…

Le grincement de la vieille porte en bois du bar se fit entendre. Du moins, je l’entendis. Un cœur entrant, ou sortant ? Lequel d’entre eux s’il sortait ? J’attendis un peu. Non, il y avait un cœur en plus dans l’établissement. Je me concentrais dessus. Je voulais savoir qui entrait dans ma propriété. Des battements réguliers, bien que légèrement rapide par apport à la normal. Il, elle, était énervé. En colère. Mais ça ne m’aidait pas plus. Je levai la tête, reniflant, tentant de réussir à percevoir une odeur. Je réussis finalement à la trouver. Une odeur féminine, que je connaissais. Mais une nuance acide, plus qu’elle ne devrait l’être. Pourquoi Thésée revenait-elle ? Des mois déjà que je ne l’avais pas vue remettre les pieds dans le bar. Oui, vue.

Avec Ryans, c’était une longue histoire. Ça fait maintenant presque deux ans que je l’ai vu pour la première fois. Presque deux ans que je suis sorti de mon bureau parce qu’ils faisaient un grabuge pas possible. La Môme, se déchainant pour avoir sa came et lui refusant de lui donner car il la trouvait trop jeune. C’est vrai, elle avait dix-sept ans à ce moment, mais elle avait le fric pour payer ce qu’elle voulait, elle connaissait les règles. Dès que je suis sorti, j’ai vu son visage, ses yeux, comme cherchant un point d’ancrage. J’ai envoyé l’autre vaquer à ses habituelles occupations et je me suis charger de prendre la gosse avec moi, dans mon bureau. Elle est la première à y être entrée mise à part les employés du Bar. J’ai commencé à lui refiler la came qu’elle demandait. Elle revenait dès qu’elle n’en avait plus et qu’elle pouvait payer. Je me suis rendu compte bien assez tôt que c’était une renarde, et elle-même semblait avoir vu que j’étais un loup. Ça se sentait à nos odeurs de toutes manières. Chaque fois qu’elle venait, je lui demandais quand elle comptait s’arrêter, quand ces conneries seraient finies pour elle. Même si elle guérissait des méfaits de la drogue, je savais que ce n’était pas bon pour elle. Même si elle guérit, elle peut y succomber. J’avais suffisamment tenté ces derniers temps avec ce que je vendais. J’avais alors finis par lui vendre la came non-coupée. C’était toujours ça de mieux pour la santé de la gosse, toujours en tentant de la dégouter au maximum de ces conneries. Et elle avait finis par arrêter. Je l’avais prise sous mon aile, je connaissais sa vie, je l’aimais bien. Et elle avait arrêté. Arrêtée de se droguer. Arrêtée de venir me voir, aussi. Pendant plus d’un an. Et elle ose revenir ?

Je l’entends parler, demander à me voir à un employé, un nouveau dans le commerce de la drogue, et non au Weird Saloon. Il refuse, disant que "le chef n’accepte pas les visites.", si elle veut la came, elle demande à un dealeur. Elle riposte. Je la reconnais bien là, la Môme. Et pourquoi ne pas faire comme il y a deux ans ? Je me lève, bedo à la main, déposant le verre de whisky sur mon bureau. J’ouvre la porte. Oui, c’est bien Thésée. Le dealeur à qui elle parlait ne m’a pas encore vu, trop occupé à l’empêcher de forcer le passage. C’est un jeune vampire, il devrait avoir mon âge, il n’en fait seulement pas plus de dix-huit. Voyant le visage de Thésée s’illuminer –légèrement, ne soyons pas trop optimistes- à ma vue, il se retourne. Je lui lance un regard noir, il s’en va. Je n’ouvre pas la bouche, Thésée me suit sans piper mot. Je ferme la porte, porte mon joint à ma bouche et me réinstalle sur ma chaise de bureau, reposant mes pieds sur le bureau, reprenant mon verre. « Si tu veux de la came tu peux retourner d’où tu viens. Et fermes la porte, en sortant. » En vérité, je ne lui avais pas vraiment laissé le choix. Je savais qu’elle venait pour la drogue, ça se voyait à son allure, à sa tête. C’était comme il y a deux ans, elle avait la même dégaine –quoique peut-être que ça a empiré aujourd’hui-, les mêmes yeux rouges enflés, le même visage dur… La gosse n’allait pas bien, ça se voyait, ça se sentais, même, à sa simple odeur.

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MessageSujet: Re: do not do shit else + thésée & bane Mer 3 Juin - 19:58

Max est à l'école. Il mange à la cantine aujourd'hui. J'arrête la voiture et me regarde dans le rétroviseur, accroché au dessus du tableau de bord. J'ai une sale tête. J'ai vraiment une sale tête. Mon rayon de soleil a beau être là, mon coeur a du mal à se reconstruire. Et c'est toujours aussi douloureux de recoller les morceaux, comme une coupure avec du verre brisé. Je n'ai pas dormi cette nuit. Je n'ai pas réussi. Les scènes, les mots, les visages se mélangeaient trop quand je fermai les yeux. La douleur était bien trop forte. Comme toujours. Je regarde l'heure sur mon téléphone. Une heure que je devrais être en cours de littérature. Mais tant pis. J'ai besoin de faire ce que je vais faire. J'entends d'ici les grognements rauques. Les bruits de chaises. Si je me concentre, j'entends même les battements de coeur. Ma Renarde est toujours là, parce qu'elle est moins humaine, parce qu'elle sait mieux encaisser, pour m'éviter de perdre la raison. Mais il faut la maîtriser. Parce qu'elle n'est pas assez humaine. Et j'avais trouvé une bonne technique, plus jeune. Ou du moins une technique efficace sur le moment. Et j'en avais besoin. Certes, il était nécessaire que je m'impose des limites, à cause de Max, mais je pouvais m'arrêter sur certaines choses. Je rectifie légèrement un défaut dans mon maquillage. La poudre et le crayon n'ont pas suffi à cacher la catastrophe qu'est mon visage. Je déteste être comme ça, et encore plus l'être pour une raison aussi futile que celle ci. Et encore plus quand je sais que je suis déjà passée par là et que je me suis laissée avoir à deux reprises. Je soupire et coupe le moteur avant de sortir de l'habitacle du véhicule.

Je fais quelques pas avant de passer les portes du Weird Saloon. Cette odeur qui lui est si propre -un mélange de fumée de clope, de joint et d'alcool - me frappe. Je ne m'étais jamais rendue compte à quel point elle m'était familière. À quel point je connaissais bien cet endroit. Et à quel point ça fait longtemps que je n'y ai pas mis les pieds. Je prends une grande inspiration de ce parfum suffocant, écrasant. Je m'approche en soupirant d'un type. Je sais qui je viens voir. Je ne traite pas avec les fantassins. Trop facile et bien trop dangereux. Je préfère payer plus et être sûre de la qualité. Je n'ai pas envie de crever à cause de feuilles de bouleau additionnées à mon herbe.
« Je veux voir le patron. »
S'il vous plaît ça n'existe pas. Ce ne sera pas ma politesse qui fera la différence. Je n'ai même pas envie d'être polie en réalité. J'ai juste envie d'être défoncée jusqu'à aller chercher le petit à l'école. Je ne recherche pas de nouvelles sensations, je ne suis pas à la recherche d'hallucinogènes. Non. Juste être déconnectée. Oublier à quel point ma vie -amoureuse surtout- peut être de la merde. À quel point je suis un monstre et je redoute la pleine lune.
« Le chef reçoit pas de visites. Si tu veux de la came tu demandes à un dealer. »
Je hausse les sourcils et lui offre mon regard noir-blasé. Comme si je ne savais pas que Ring n'acceptait pas les visites. Mais c'est un vampire. Les vampires sont plus débiles que la moyenne, c'est pas nouveau. La dernière fois qu'on a pas voulu me filer ce que je voulais dans ce bar, j'ai fini par l'avoir, d'une manière, certes, inattendue. Mais j'ai toujours la came que j'attends. Et maintenant j'ai l'âge. Et puis j'entends des pas. Je me force à ne pas sourire. Parce que je reconnais l'odeur et les battements réguliers et stables qui s'approchent. Il apparaît derrière le vampire, qui, d'apparence, est un peu plus jeune que moi. Mon visage se barre d'un demi-sourire, tandis que le patron adresse son meilleur regard noir à l'employé. Puis il tourne les talons, mais je comprends et le suis d'un pas tranquille. Et plus j'avance vers le bureau, plus je me rends compte que ça fait presque un an et demi que je ne suis pas venue, alors que j'habite à côté, et qu'avant je traversais la moitié de la ville pour venir.
Il rentre dans le bureau et je ne le lâche pas d'une semelle. Il prend place sur son fauteuil de patron, et moi sur la chaise. Il attrape son joint et le glisse entre ses lèvres, et je me rends compte à quel point l'odeur me fait envie. J'en ai vraiment besoin. Pas comme la première camée qu'on pourrait choper dans la rue mais plus comme une personne ou une maison nous manque. Il pose ses jambes sur le bureau.
« Si tu veux de la came tu peux retourner d’où tu viens. Et fermes la porte, en sortant. »
Je lui adresse un regard simplement blasé cette fois. Mon regard noir ne marche pas sur lui. Je pose également mes jambes sur le bureau, comme si j'étais chez moi, mais en croisant les chevilles et hausse les sourcils, avant de prendre un ton sarcastique.
« Comme si tu croyais que je venais boire une grenadine ou prendre de tes nouvelles. »
Je le tutoie et je fais comme si ça ne m'atteignait pas. Parce que plus rien ne doit l'atteindre. Ça suffit maintenant. J'en ai marre de me décomposer à la moindre pique, tout ça parce que j'ai mis trop d'espoirs en une personne. Je m'humecte les lèvres du bout de la langue et sors quelques billets de ma poche. Un peu plus que la somme exacte de ce que je veux.
« Je veux que trois grammes d'herbe, j'ai 19 ans et j'ai de quoi payer. Ni coke, ni ecsta. Je veux juste planer un peu »

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MessageSujet: Re: do not do shit else + thésée & bane Dim 7 Juin - 0:49

Elle me regarde. Elle me regarde comme elle aurait regardé n’importe qui, comme si elle s’en branlait de tout, comme si elle venait juste pour son dû. Quelle saloperie. Ouais, une vraie chieuse cette môme. J’avais fait des choses pour elle, j’avais tenté de la faire sortir de son mal-être, j’avais réussi à la faire sortir de son putain de bad-trip qu’était devenu sa vie, et voilà comment elle me remerciait ? En m’abandonnant, ne me donnant plus aucune nouvelle, me laissant comme si je n’étais rien. Je la scrutai avec dégoût. Elle n’avait aucun droit d’être ici. Dans mon bureau, je veux dire. Et puis même, je devais pas me laisser avoir par cette gosse. Elle ne devait pas comprendre à quel point ça m’avait touché, vexé, blessé qu’elle me lâche comme une vieille merde de chien qu’elle aurait pondu sous sa putain de forme animale. Nan, p’tet même sous sa forme humaine tiens. Elle en était capable. Et pourtant, putain de merde, pourtant je pouvais pas la virer de mon bureau. C’était impossible. Je la vois alors poser ses pieds sur le bureau. Je cligne des yeux, surpris. Elle se pointait ici, venait pour de la came non coupée que j’avais toujours en réserve au cas où quelqu’un me demande, je lui disais de se barrer parce qu’elle n’en aurait pas et elle reste, s’asseyant comme si on était dans son trou à rat d’appart et qu’elle était dans son salon à bouffer des chips devant sa télé ? Elle se foutait pas un peu de ma gueule la môme là ? « Comme si tu croyais que je venais boire une grenadine ou prendre de tes nouvelles. » Je serre la mâchoire. Lui lance un regard des plus blasé. Je fume de l’intérieur. Je ne réagis même pas à son tutoiement. Maintenant, le vouvoiement n’existe plus chez les jeunes. Et elle me connais depuis trop longtemps maintenant pour continuer avec ses putains de "vous". Mais le truc, c’est qu’elle essaye de se donner un style. De se foutre une carapace sur la gueule, comme la mienne. Mais la sienne n’est pas assez solide, elle ne elle sera jamais, elle est bien trop fissuré, depuis trop longtemps, trop peu résistante, et il faut des années pour en forger une résistante. J’ai forgé la mienne à l’armée, puis lors de ma détention tortueuse, puis lorsque j’ai appris à contrôler les effets de la morsure.  Je la vois poser une liasse de billet sur le bureau. « Je veux que trois grammes d'herbe, j'ai 19 ans et j'ai de quoi payer. Ni coke, ni ecsta. Je veux juste planer un peu » Pour ce qu’elle demandait, il y avait trop d’argent, ça se voyait, j’avais maintenant trop l’habitude de conter à vue d’œil. Trois grammes hein. Elle en demandait peu, mais c’était en général ce qu’elle voulait lorsqu’elle venait, il y a deux ans. Enfin, lorsqu’elle ne demandait pas de choses plus fortes. « C’est vrai que tu viens que pour de l’herbe, Ryans. Jamais pour faire un petit coucou. » je la regardais l’air blasé, reprenant un coup du bedo et remuant mon whisky dans mon verre, avant de poursuivre, le regard et le ton dur « Reprend ton argent Gamine, va nourrir ton gosse avec ça, viens pas t’acheter de l’herbe. Prends tes responsabilités. » je m’arrête une fois encore. Elle avait des responsabilités, je le voyais chaque fois que je la croisais dans la rue, de loin, et qu’elle faisait les courses, qu’elle amenait son môme à l’école ou qu’elle allait bosser pour ramener du fric, ou étudier pour avancer dans une carrière plus revenante. Je voulais juste lui faire comprendre. « Je confirme ce que j’ai dis : ferme la porte en sortant. Et si tu veux vraiment planer, on vend des grenadines, ses effets planant sur les gosses pourraient t'ettoner. Suffit juste de demander gentiment au monsieur du bar, et qui sait, il t’offrira peut-être une sucette. » Je soutins cette fois-ci son regard, me faisant insistant, mes yeux bleus clairs perçant les siens océans. Elle était indirectement un gosse auquel je faisais allusion, directement. Je pris une fléchette, tirant sur le pet’ qui était toujours entre mes lèvres, et lança la fléchette vers la porte, sur laquelle ma cible était accrochée.

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MessageSujet: Re: do not do shit else + thésée & bane Lun 8 Juin - 15:44

Il a l'air surpris que je mette mes pieds sur son bureau. Je souris intérieurement. Je ne doute pas qu'il fulmine intérieurement. Une légère odeur de colère marque son parfum naturel. Je sais pourquoi il m'en veut. Et même si je fais semblant de m'en foutre, je m'en veux. Mais j'en ai marre de m'en vouloir. Je m'en veux de m'être attachée à Theo. Je m'en veux de l'avoir embrassé. Je m'en veux de ne pas avoir remarqué son mal-être plus tôt. Je m'en veux d'être assez faible pour revenir voir Bane à la recherche de drogue pour me défoncer une bonne fois pour toutes, avant de passer à autre chose. Je m'en veux de ne pas être venu le voir plus tôt. J'ai bien l'excuse de Max mais il ne fait pas partie de ma vie depuis aussi longtemps. Non. Je n'ai pas d'excuse tout simplement. Mais je ne dois pas le montrer. Il n'y peut rien. Personne n'y peut rien. Alors, je vais tout simplement essayer de l'oublier, d'oublier toute cette culpabilité. Je me passe une main dans les cheveux.
« C’est vrai que tu viens que pour de l’herbe, Ryans. Jamais pour faire un petit coucou. »
Je dois refréner mon réflexe de serrer les dents. Je le fais tout le temps en ce moment et ce n'est définitivement pas bon pour mes pauvres mâchoires. Il m'appelle par mon nom de famille, et ça contraste énormément avec le tutoiement. Mais c'est comme pour marquer une distance. Moi, je l'appelle par son prénom. Mais de toute manière ça ne change rien. Parce que je ne suis pas attachée à lui, hein ? Il ne vaut mieux pas. Chaque fois que je m'attache, ça se finit mal, à part avec Maxou. Mais Maxou c'est mon fils. Il ne me brisera pas le cœur, comme les autres, il n'en profitera pour me faire du mal tout à fait consciemment.
« Reprend ton argent Gamine, va nourrir ton gosse avec ça, viens pas t’acheter de l’herbe. Prends tes responsabilités. »
Prendre mes responsabilités. Il me l'avait déjà dit, ça, avant. Il m'a déjà sorti cette phrase, avec quelques autres, et ça m'avait poussé à complètement arrêter. Je ne sais plus à propos de quelles responsabilités c'était. Il m'a déjà appelé aussi gamine. Ça fait longtemps que personne ne m'a appelée comme ça. Depuis que je ne viens plus. Il n'est pas au courant que je m'occupe de Max. Il ne sait rien de l'histoire du petit, et pourtant, il sait qu'il vit avec moi. Ça fait un peu chaud au cœur. Ça me donne l'impression qu'il y a toujours quelqu'un qui garde un œil sur moi. Que le Destin ne fait pas que se foutre de ma gueule en permanence et qu'il se rappelle parfois que moi aussi j'ai des sentiments et des besoins d'affection. Je me mordille la lèvre inférieure. Je veux vraiment me défoncer un bon coup. De toute manière, j'ai séché pour la matinée, alors un peu plus un peu moins, tant pis. J'avais déjà prévu que je n'irais pas en cours cet après-midi. Je reprendrai un rythme normal demain.

Je ne veux pas replonger. Pas au point dramatique qu'était ma vie il y a deux ans. Je ne veux pas avoir à venir dans ce bureau très régulièrement et en ressortir avec les poches pleines, en soupirant, ou excitée à l'idée d'explorer de nouvelles sensations, plus fortes que les précédentes. Toujours plus fort. Heureusement, Bane m'a arrêtée avant que je commence à vouloir me piquer. Il m'a plus ou moins forcée à m'en détacher. J'avais comme l'impression qu'il y avait enfin quelqu'un qui s'inquiétait un pêu pour moi. Et l'idée que je n'étais plus seule m'a beaucoup aidée.
« Je confirme ce que j’ai dis : ferme la porte en sortant. Et si tu veux vraiment planer, on vend des grenadines, ses effets planant sur les gosses pourraient t'ettoner. Suffit juste de demander gentiment au monsieur du bar, et qui sait, il t’offrira peut-être une sucette. » 
Je dois me retenir de rire. Je ne suis plus une gamine il a bien dû s'en rendre compte. Et je suis encore moins une simple petite fille qui ne saut pas ce qu'elle fait là et à qui on tenterait de la débarrasser de sa timidité. Je ne suis plus une petite fille, j'ai passé l'âge d'être contente quand le monsieur me donne une sucette ou bien quand j'ai une grenadine. Il faut tourner le whisky dans son verre, ravivant ainsi l'odeur. Je fronce le nez. J'ai jamais vraiment aimé cette odeur là. Je préfère nettement le champagne. Il tire sur son pet' et le bout s'illumine d'une belle couleur rouge incandescent. Je soupire.
"J'ai essayé la grenadine avant de venir -je lui adresse un sourire très exagéré- mais quand je me suis rendue compte que je devenais accro, j'ai arrêté. Et chez toi il y a que des sucettes à la pomme et j'aime pas ça."
Mais je connais quelqu'un qui adore les pommes, notamment les tartes et les crumbles. Je pousse un nouveau soupir. Je ne dois pas y penser. Pas maintenant. Ni jamais en fait. Plus personne ne m'adressera de grand sourire plein de tarte quand je rentrerai du travail. Je me passe une main dans les cheveux et retire mes pieds du bureau.
"Je te demande pas grand-chose. J'ai fait une connerie en ne venant plus te voir. J'en ai fait d'autres dont tu n'es pas au courant -ou peut-être que si en fait. Mais je ne cherche pas à replonger. Juste une fois. Je veux juste être stone pendant une heure et m'envoler un peu pour oublier les conneries que j'accumule."

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MessageSujet: Re: do not do shit else + thésée & bane Mar 23 Juin - 19:57

J’observe son comportement. Les battements de son cœur qu’elle ne régule pas. Son souffle. Ses muscles qui se contractent ou se détendent. Ses mâchoires. La direction dans laquelle vont ses yeux. La fréquence à laquelle elle dégluti… Elle a encore tellement de choses à apprendre lorsqu’elle est face à une autre créature. Je savais que si je n’étais pas comme… je suis, là, je pourrais l’aider à se réguler, à se contrôler, du moins ses manies, ce dont elle ne se rend pas compte mais que d’autres, comme moi, peuvent sentir et voir. Elle se crispe. Je l’ai touchée, un peu, là où il ne fallait pas. Je l’observe au coin de l’œil, les yeux toujours plissés comme à mon habitude. Puis elle sourit, ravalant un éclat de rire. Je fronce légèrement les sourcils, vexé qu’elle n’ait pas réagit autrement. Elle me sourit d’une manière exagérée, trop exagérée. « J'ai essayé la grenadine avant de venir, mais quand je me suis rendue compte que je devenais accro, j'ai arrêté. Et chez toi il y a que des sucettes à la pomme et j'aime pas ça. » Je souffle bruyamment : elle ne valait pas la peine que je camoufle mes réactions face aux réponses importunes qu’elle me faisait. Elle soupire elle aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Se serait-elle grillée elle-même ? Se rappelant de mauvais souvenirs ? Je connais ce soupir. Tant de clients l’ont déjà poussé, des tonnes et des tonnes de fois. Et puis il y a son regard, son regard électrique qu’elle baisse. Un regret. La nostalgie. Une nouvelle faille, Ryans. Elle se passe alors la main dans ses cheveux. Nouvelle erreur de la gosse. Elle se trahi elle-même. Elle retire les pieds de la table. Je ne reconnais plus la gamine qui deux ans plus tôt aurait tout fait pour ne pas qu’on comprenne ce qu’il se passait. Elle ne contrôlait plus rien. Même un gosse, humain, de quatre ans, pourrait mieux cacher ce sentiment qu’elle. Tant de regret. Pourquoi ? La tristesse dans ses yeux me fait pitié. Elle devrait être forte. Elle l’avait déjà été une fois. Pourquoi pas deux ? « Je te demande pas grand-chose. » Je pouffe bruyamment. Pas grand-chose ? Elle se foutait de ma gueule ? Pas grand-chose ? C’était tout sauf pas grand-chose. Et encore, elle était majeure maintenant, mais je prenais des risques, il y a deux ans, à refourguer la drogue à une gosse de dix-sept ans. Et aujourd’hui, je pourrais même me mettre tous mes dealeurs à dos : ils avaient un cœur, eux. S’ils savaient qu’elle avait un gosse, ils ne l’accepteraient pas. Et puis, sincèrement ? La came non-coupée, c’était pas si simple que ça, déjà qu’en trouver une bonne coupée c’était dur… Mais maintenant, la drogue ne se trouvait pas en claquant des doigts. On savait jamais ce qu’ils pouvaient mettre dedans, même s’ils la disaient non-coupée. J’écoute la suite, en visant et tirant une nouvelle fléchette sur la cible accrochée à la porte. « J'ai fait une connerie en ne venant plus te voir. J'en ai fait d'autres dont tu n'es pas au courant -ou peut-être que si en fait. » Je lève les yeux au ciel avant de tirer sur mon pétard : pour sûr que j’étais au courant des conneries qu’elle faisait. Sans doute pas toutes, mais une bonne partie, oui. « Mais je ne cherche pas à replonger. Juste une fois. Je veux juste être stone pendant une heure et m'envoler un peu pour oublier les conneries que j'accumule. » Je détourne alors les yeux de ma cible pour fixer ceux de Thésée. Un regard noir, un regard dur. Elle n’avait sans doute jamais eu droit à ce regard. Il était rare, même avec moi. Enfin, les regards noirs étaient rares. Les regards durs aussi, mais séparément. Jamais ensembles. Je me levais, posant mon verre sur mon bureau, le pet’ avec. Je la regarde avec insistance pendant de longues minutes, avant de contourner le bureau et de me diriger vers la porte. Je reste de longues secondes dos à elle, face à la porte, les mains croisées derrière le dos, l’air solennel avant de décrocher mes dix fléchettes utilisées. Me retourne vers elle, vers le bureau. Je recroise son regard et ne le lâche plus. Je pose mes fléchettes, avec une autre dizaine encore sur mon bureau, puis me rassoit. Reprenant alors mon verre et mon pétard. « Et c’est comme ça que tu contes réparer tes conneries ? En étant stone ? Tu l’as dis toi-même. Ça va revenir, au bout d’une heure, peut-être moins. N’oublies pas que tu n’es pas comme ces faiblards d’humains, tu résistes plus aux effets. Mais je ne t’apprends rien. » Je finis mon verre sans quitter ses yeux, sans gommer les traits durs dessinés sur mon visage. « Les conneries tu cesseras de les accumuler quand tu trouveras l’élément déclencheur. Qui te dit que c’est toi, cet élément ? » Je n’attend aucune réponse de sa part. Elle doit le savoir. Je ne quitte toujours pas son regard. « C’est pas en te droguant que tu vas être forte, Ryans. J’te croyais assez intelligente pour comprendre que tu devais passer à autre chose, sans utiliser ces conneries comme excuse. J’te croyais assez forte pour passer à autre chose seule. » Mes traits s’adoucissent. Je tire une dernière fois sur mon bedo. Je détourne mon regard océan du sien, avant d’écraser le pet’ dans le cendrier.

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MessageSujet: Re: do not do shit else + thésée & bane Lun 29 Juin - 14:58


J'accuse les coups sans rien dire. Parce que de toute manière, il n'y a rien à répondre. Il me compare à des faiblards d'humains. Après m'avoir comparée à une enfant, il me compareà une créature lâche et faible. Ses traits son durs. Il ne lâche plus mon regard. Il ne veut pas comprendre que j'aie besoin de m'envoler de nouveau. Je sais qu'avec mon « don », je ne peux pas en profiter aussi longtemps que les autres, parce que mon corps l'éliminera plus rapidement. Il me demande de chercher l'élément déclencheur de toute mes conneries. Mais je ne le connais pas. Je ne le connais pas. Ou plutôt , si. Je sais que c'est ce Démon que j'abrite » en moi depuis que je suis née. Je sais que c'est cette Renarde qui me pousse à trop m'attacher, à faire de mon ancre des personnes qui ne le méritent pas. Des personnes qui finissent toujours par me blesser et par me faire perdre le contrôle. La première fois que je suis venue ici, dans ce bureau, j'avais déjà plongé. J'avais fait de la drogue que je prenais une ancre. Et puis je ne voulais pas que l'on comprenne que j'avais tué quelqu'un. Cette fois ci, je n'ai pas enfreint la loi. Je me suis simplement brisé le cœur.

« C’est pas en te droguant que tu vas être forte, Ryans. J’te croyais assez intelligente pour comprendre que tu devais passer à autre chose, sans utiliser ces conneries comme excuse. J’te croyais assez forte pour passer à autre chose seule. »

Mais il est là le problème. J'ai besoin des autres. J'ai toujours besoin des autres pour vivre. Je ne sais rien faire seule. Et encore moins évoluer, et encore moins faire les bons choix. Et puis je n'ai jamais su être vraiment forte. J'ai toujours su -plus ou moins- faire semblant de l'être. Je l'ai été quand j'étais petite. De mes huit ans, quand j'ai fait le serment de ne plus pleurer, à mes neuf ans, âge de ma première transformation. Mais intelligente, je l'ai toujours été. Intelligente, maligne et rusée, à vous filer dans les mains comme un poisson. lors qu'il parle de mon intelligence a du mal à passer.

Je ne suis pas forte, Bane. Je ne l'ai jamais été. Je ne suis pas un être fait pour être fort. Je suis un être fait pour duper les gens, les tromper, leur faire croire ce que je veux qu'ils croient. Je suis un être qui manipule pour se rendre fort. Je ne suis pas un être que l'on respecte naturellement. Et j'en ai marre. J'en ai marre de devoir faire semblant pour qu'on me respecte, j'en ai marre de devoir m'imposer en dupant les gens sur mes intentions. J'en ai marre d'être forte par le mensonge. J'en ai tout simplement marre de mentir. Alors, maintenant qu'il appuie sur la brèche, tout ce qui n'était pas encore fissuré le fait. Et ça se brise en un milliers de morceaux. Et toute ma résistance se brise.

« Bah voilà c'est exactement ça que je n'arrive pas à faire ! J'ai besoin des autres pour être forte ! J'ai besoin des autres pour ne pas être la pleurnicharde que je suis et qui me dégoûte ! Et j'en ai marre d'avoir besoin des autres ! Parce que les autres n'ont pas besoin de moi pour être fort ! Et parce qu'ils n'hésitent pas à en profiter pour me faire du mal ! Et j'en ai marre d'avoir mal ! J'en ai marre d'être faible ! Toi t'es fort ! Toi t'es fort et t'as besoin de personne ! Alors apprends moi. S'il te plaît, Ring, apprends moi à être forte. »

Je parle avec la force du désespoir. Et mes mots s'envolent. De plus en plus haut sans que je puisse les maîtriser. Alors si quelqu'un nous entend, il comprendra dans quel état d'esprit je suis e n ce moment. Mais ça n'a plus d'importance. Parce que pour m'être levée, l'avoir dominée de toute ma hauteur, et avoir hurlé, il va me mettre dehors, n'est-ce pas ? Parce que je ne peux pas lui manquer à ce point de respect. Il est fort. Il est certainement la créature qui dégage autant de puissance que j'aie rencontré durant toute ma vie. Je baisse la tête. Ce coup d'éclat serait le dernier. Mais il m'était nécessaire. Je dois oublier. Je dois oublier ces quelques moments agréables, cet oxygène que le destin a bien voulu m'apporter. Je dois revenir la Thésée qui venait tout juste de sauver ce môme, la Thésée un peu solitaire. Mais la Thésée qui n'était plus accro, à rien. Parce que, au final, j'ai toujours eu une addiction. Que ce soit à Cass, à Nate, à la drogue ou à Theo. Alors il faut que mon petit devienne mon addiction. C'est ça.

Bane avait raison. Je dois prendre mes responsabilités. Je ne peux pas replonger, je ne peux pas me laisser détruire alors que j'ai ce gosse qui ne demande qu'un peu de stabilité. Je ne peux pas lui faire subir une mère droguée. Je ne peux pas. Alors je me rassieds. Je me rassieds et je reprends le contrôle de tout. Même si ce contrôle n'est que factice face au vieux loup qu'est Ring. Il saura que je mens. Il sait dans quel état je suis réellement. Mais je veux qu'il m'apprenne à être forte. Quoi qu'il en soit. Je veux qu'il m'apprenne à ne plus dépendre de personne, sauf de mon fils.

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MessageSujet: Re: do not do shit else + thésée & bane Lun 6 Juil - 17:09

Tout ça. Elle réfléchie. Tout ça. Ça la fait réfléchir. Tout ça. Ça la touche. Tout ça. J’en ai trop dit. Tout ça. J’aurais dû m’arrêter avant que ça atteigne ce stade. Tout ça. Ça ne l’aide pas. Mais quoi ? Depuis quand je devais me montrer compatissant ? Depuis quand je devais l’être avec une gamine ? Je ne suis pas comme ça. Je l’ai été, autrefois, mais autrefois, c’est du passé. Je fais pas gaffe au passé moi, je regarde devant moi, jamais derrière, je n’ai pas de regrets moi, je prends les choses comme elles viennent. Je vis pour le présent et le futur. Le passé, c’est terminé, ça ne sert à rien, c’était autrefois du présent, et encore avant, du futur. C’est ça le passé. Et plus tard, le présent sera le passé, et le futur aussi, et c’est une boucle, une boucle infinie, une boucle qui nous fait peur, une boucle qui nous embrouille le cerveau, le cœur, une boucle qui n’est là que pour nous faire du mal, nous faire réfléchir, nous faire cogiter, comme Thésée le fait. Arrête de cogiter, gamine…

Je l’observe. Elle perd ses moyens. Elle défailli. Je peux entendre son cœur battre, irrégulièrement. Son odeur, acre d’angoisse à ampli le bureau de cette odeur, désagréable. Je renifle bruyamment. Je ne craquerais pas. Je ne suis pas là pour compatir à son triste de sort de petite renarde apeurée et seule.  J’ai déjà été assez gentil de la faire rentrer dans le bureau. J’aurais pu ne pas le faire. J’aurais pu m’en passer, et elle aussi. Elle aurait dû se débrouiller seule depuis le début, c’était ce qu’elle aurait dû faire. On en serait pas là. Dès son premier chagrin "d’amour propre" elle aurait dû, avant de me demander la drogue. Maintenant, c’est à ça que je sers : refourguer la drogue pour qu’une jeune renarde soit stone une heure ou deux, puis revienne le lendemain avec du fric pour la même chose, peut-être une dose plus forte, et ainsi de suite. J’suis pas là pour le fric, bien sûr, ça m’intéresse, ça me permet de compenser le Weird Saloon, mais je n’arnaque pas les gosses pour du fric. Soudain, la Môme se lève, ses poings tapent sur le bureau, elle hurle « Bah voilà c'est exactement ça que je n'arrive pas à faire ! J'ai besoin des autres pour être forte ! J'ai besoin des autres pour ne pas être la pleurnicharde que je suis et qui me dégoûte ! Et j'en ai marre d'avoir besoin des autres ! Parce que les autres n'ont pas besoin de moi pour être fort ! Et parce qu'ils n'hésitent pas à en profiter pour me faire du mal ! Et j'en ai marre d'avoir mal ! J'en ai marre d'être faible ! Toi t'es fort ! Toi t'es fort et t'as besoin de personne ! Alors apprends-moi. S'il te plaît, Ring, apprends moi à être forte. » Je regarde la gosse, blasé. Au fond, elle m’avait surpris. Je ne l’avais jamais vu dans cet état, et j’aurais dû m’en douter. J’avais été beaucoup trop loin, je le savais. Je l’avais poussé à bout, et pourtant… Pourtant, exploser, ça avait dû la soulager. Je m’en voulais, et d’un autre côté, je me félicitait. La môme avait tout lâché, et c’était bien. Mais… elle voulait que je lui apprenne à être forte ? Comment ? Comment apprendre à quelqu’un quelque chose qu’on a nous même pas appris ? Et puis… l’aider, ça voudrais dire renoncer. Je la vois se rasseoir. Se calmer. Son cœur ralenti, il reprend une allure dite "normale" pour quelqu’un qui à eu une montée d’adrénaline de ce type. L’odeur acre est toujours dans la pièce, mais elle a cessé d’être et de devenir plus forte, elle part, s’enfui, par les quelques issues qu’il y a… Je prends une fléchette, je vise ma cible, je scrute ce point rouge… « Écoute princesse, mes manières de pas être faibles elles sont pas forcément adaptées à tout le monde. T'as déjà un gosse, tu peux pas t'en débarrasser, tu pourras jamais faire comme moi j'ai fait. » Je lance la fléchette. Elle se plante en un bruit sourd sur la partie centrale, le rouge de la cible.

Je scrute la môme, elle me fait pitié. Elle est triste, elle est mal. Elle a besoin de réconfort. Mais j’étais pas fais pour ça. Pas pour le réconfort, puis même si c’était le cas… Pas moi. Je pouvais pas la réconforter, je ne pouvais pas lâcher cette image, vis-à-vis d’elle, ou de quelqu’un d’autre. Je pouvais pas briser cette carapace, cet abandon que j’ai dû faire pour être "fort" comme elle le dit. Je peux pas laisser toute cette personne, sans émotion, derrière moi, pour quelques instants ou pour l’éternité. Elle avait son gamin pour ça… Et puis merde ! La gosse avait besoin de réconfort non ? Elle avait personne. Et j’étais là, avec elle, au moment où elle en avait besoin. Et elle avait beau aimer son gosse à la folie, et bien qu’il doive être "adorable", c’était sûrement pas lui qui pourrait la réconforter, avec le peu qu’il devait savoir sur pourquoi sa chère maman adoptive était mal. Je me lève en poussant un grognement sourd de ma grande chaise avant de me mettre devant Thésée, à qui je demande d’un geste de se lever, avant de la faire s’approche vivement de moi pour la serrer, quelques courts instants, dans mes bras, tapotant son épaule droite de ma grosse main. Après quelques instants, je recule avant de me retourner pour me rasseoir, sans adresser un seul regard à Thésée, pour qui j’avais perdu une grosse part de crédibilité en quelques secondes. Je finis mon whisky d’une traite.

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MessageSujet: Re: do not do shit else + thésée & bane Lun 27 Juil - 14:54

La fatigue m'envahit d'un coup. J'ai lâché la bride à toutes mes émotions, à tous mes sentiments. Je n'aurais pas dû, je le sais, au plus profond de moi. Je n'aurais pas dû montrer tout ça, et pas à Bane. Ça ne fait pas partie de nos habitudes communes. je ne veux de la pitié de personne. J'aurais dû entendre de rentrer, pour me défouler de nouveau sur le mobilier. Ou aller faire un tour en forêt, piquer un sprint, me détruire les griffes contre un pauvre arbre innocent. Mais non. il a fallu que je le fasse devant lui. Il m'a déjà vue au plus bas. Mais pas dans un état pareil. Le regard blasé qu'il m'adresse m'aide à remonter ma carapace. Je reprends mes esprits. Voilà. Ce n'est pas lui qui va m'offrir de la pitié ou de la compassion, deux sentiments collants que je déteste. Ils vous donnent l'impression d'être une victime, et un fardeau avec lequel on essaie de composer au mieux. Je n'ai pas besoin de tout cela. Tout ce dont j'ai besoin c'est d'un peu de force. De solitude, et de temps. Mais je ne peux pas abandonner mon fils. Ne serait-ce que le laisser deux jours chez une connaissance, c'est inenvisageable. Il est mon ancre. Je dois tout simplement trouver une nouvelle ancre, dans la famille stable que je forme avec lui. Il a besoin de moi et j'ai besoin de lui. Je ne peux pas être immature et égoïste au point de préférer replonger sous ses yeux, plutôt que de lutter pour garder la tête hors de l'eau. Car il ne faut pas se leurrer. Ring a raison. Je vais dire que je ne viens qu'une seule fois, mais c'est faux. Parce que je reviendrai. Parce que j'aurais l'impression de moins faire de conneries avec ça, alors que c'est l'inverse. C'est comme ça que ça a commencé la dernière fois, et ça a duré huit mois. Je ne peux pas me permettre de recommencer, plus maintenant.

Il attrape la fléchette et la lance, puis fixe le point rouge central qu'elle a atteint, sans grande surprise. A passer ses journées ici à jouer aux fléchettes, il doit être carrément imbattable -en plus de ses sens de loup-garou qui améliorent sa vue et sa perception du vent, qui pourrait faire dévier le petit projectile-.
« Écoute princesse, mes manières de pas être faibles elles sont pas forcément adaptées à tout le monde. T'as déjà un gosse, tu peux pas t'en débarrasser, tu pourras jamais faire comme moi j'ai fait. »
Il est le seul à m'appeler princesse, et ce n'est pas sur un ton mielleux, comme un père à sa fille. C'est cynique, sarcastique, et en rapport avec mes « caprices » de princesse, je le sais. Mais ça ne m'empêche pas de relever que depuis que je suis née, il est le seul à avoir articulé ces mots pour me dénommer.
J'ai bien évidemment entendu les rumeurs. Il faut apprendre à le faire. C'est Papa n°17, celui qui m'a aidée à trouver mon ancre, qui me l'a appris. C'est lui qui m'a dit que les rumeurs pouvaient me sauver la vie, parfois. Parce que des fois, des rumeurs selon lesquelles les chasseurs reprenaient leurs activités, ou arrivaient courent, et il faut absolument les écouter pour ne pas se transformer dans les zones qu'ils surveillent. Parce qu'il ne vaudrait mieux pas qu'ils nous trouvent. Et c'est ainsi que j'ai entendu quelques histoires, comme quoi il était louche, que c'était peut-être un fou dangereux, ou tout du moins un homme dangereux. Est-ce que j'y crois ? Ce n'est pas la question. Chacun fait ce qu'il veut et les affaires de Bane ne me regardent pas. Je ne suis pas sa fille, je ne suis même pas son apprentie. Chacun a ses secrets et c'est bien mieux ainsi.
Ses yeux se reportent sur moi. Et je lis ce truc collant au fin fond de ses yeux. Merde. Il a pitié de moi. C'est sûr que je ne dois pas avoir l'air fière, avec mon maquillage qui a légèrement coulé, mes cernes, mes yeux rouges, mon teint cireux et ma tignasse sauvage. Je dois avoir tout l'air de la fille déprimée. Le paquet de clopes dans ma poche se fait plus lourd. Je soupire. Je ne vais pas tarder à y aller, et dès que je serais sortie, je m'en grillerai une dans la voiture. Avant de rentrer à la maison et de reprendre tout ça. Me démaquiller et tout reprendre à zéro, me démêler de nouveau les cheveux, mais correctement cette fois-ci, les attacher, et ensuite, aller en cours. Il faut travailler. Voilà ce que font les gens sains lorsqu'ils traversent un coup dur. Ils se plongent dans le quotidien, dans le travail et la routine pour ne pas se laisser submerger par la tristesse. Ils vivent une vie monotone, mais sans penser au passé. Et ainsi, ils se maintiennent en vie. Ainsi, ils survivent.
Il me fait signe de me lever, tandis qu'il en fait de même. J'obéis, en fronçant les sourcils, sans vraiment comprendre pourquoi il me demande ça. Il me tire brusquement contre lui et passe un bras autour e ma taille, et l'autre sur mon épaule, qu'il tapote doucement mais un peu maladroitement. J'aurais dû me sentir mal à l'aise, voire peut-être offensée. Mais non. Rien de tout cela. Je le nierai jusqu'à la fin de ma vie, mais ça m'a remise d'aplomb. Cette odeur typiquement masculine, forte, puissante, un mélange d'alcool, d'herbe et de tabac. Musquée aussi. Cette étreinte bourrue, loin de la tendresse de celles de Theo. Mais peu importe. C'est exactement ce qu'il me fallait. Il retourne s'asseoir, sans me regarder et finit son verre de whisky. L'étreinte n'a durée que quelques brefs instants, mais il n'y avait pas besoin de plus. Plus ça aurait été me montrer trop d'affection, de compassion, et ce n'est définitivement pas ça qui était inscrit dans le contrat tacite entre lui et moi. Je sais que ça ne se reproduira pas. Je ferais tout pour cela. Je ne veux pas d'un père -je n'en ai jamais eu besoin et je ne vois pas pourquoi ça changerait-, ni d'un protecteur. Je reste debout. J'arrange brièvement mes cheveux en bataille et hoche la tête.
« Je vais y aller. J'ai cours cet après-midi, et le gamin finit tôt. Je repasserais prendre une grenadine dans les jours qui suivent. »
Je lui adresse un petit sourire un peu sarcastique, le seul sourire autorisé entre nous. Je reprends mes affaires, arrange ma veste, et prends mon briquet et mon paquet de cigarettes dans la main, légèrement cachés dans ma manche. Je hoche la tête en guise d'au revoir et je m'en vais, prenant bien soin de fermer la porte derrière moi, comme il me l'a dit au début. Et je me dis que finalement, j'ai bien fait de vouloir venir le voir lui, plutôt que de passer par un simple vendeur comme les autres, qui n'aurait pas cherché à comprendre. Il m'a remis les idées en place en m'engueulant, il m'a remonté les bretelles, et il a très bien fait. Je sors du Weird Saloon et monte dans ma voiture, clope au bec, mais prête à remonter la pente. Et illico presto.

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MessageSujet: Re: do not do shit else + thésée & bane Mar 28 Juil - 2:04

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