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(protect me from what i want) + luciel

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MessageSujet: (protect me from what i want) + luciel Ven 22 Jan - 22:49

Lucifer. Sept lettres. L, douzième lettre dans l'alphabet, U, vingt-et-unième, C, troisième, I, neuvième, F, sixième, E, cinquième, R, dix-huitième. Les lettres dansent sous les paupières de Gabriel, le narguant lui rappelant ce qu'il contemple, de loin sans jamais pouvoir l'avoir, comme un rêve, comme un de ces nombreux fantasmes, qui l'épuisent sous le manque de sommeil et la frustration. Il compte tout, absolument tout, tout le temps. Et parfois, il en vient même à se dire qu'il devrait reprendre ses médicaments. Ça fait des années qu'il ment. Il change de boîte régulièrement, pour endormir la méfiance des autres. De toute manière, sinon, les cachets se périmeraient et ils deviendraient inutiles. Encore une nuit d'insomnie, se dit-il d'un air las. Enfin, insomnie était un bien grand mot pour caractériser ce souci. Il était tracassé. Il dormait, bien sûr. Mais les rêves qu'ils faisaient le gênaient. Parce qu'ils étaient centrés sur ce beau brun, tatoué, avec ces yeux à se damner, mais surtout, et en premier lieu mineur. Et lui était majeur. Alors même si le gamin -parce que c'est ce qu'il était par rapport à Gab' – n'était pas camé, iln'y aurait auncune chance de relation. Parce que c'était contestable en justice. Et il n'était pas vraiment sûr que les parents de Luce acceptent réellement qu'un homme de vingt ans partage la vie de leur fils. Et fasse des rêves comme cela. Et aimerait que ça se produise dans la réalité. Plusieurs fois. Dans...

Stop. Il devait arrêter de penser à ça tout de suite, ou ce serait fichu. Et il refusait de devoir encore prendre une douche. Sa facture allait être belle, tiens ! Il se força à imaginer le vieux grognon, ridé et flétri comme une vieille pomme, aux lèvres pincées constamment, se rapprochant du bec de perroquet qui lui servait de nez, ce même vampire qui lui tenait lieu de banquier. Voilà. Celui-là même, en porte-jarretelles. Voilà qui était bien moins séduisant et qui échauffait beaucoup moins l'esprit du chasseur. Il n'y avait pas idée de se faire des films comme cela. Il avait passé l'âge de cela, non ? Il ressembait à un gamin de douze ans. C'était pitoyable. Il savait se maîtriser. Il regarda l'heure. Vingt-trois heures. Il avait encore le temps de se préparer et il pourrait sortir en boîte. Voir d'autres mecs, rencontrer d'autres gens. Il ne connaissait pas encore grand-monde ici. Il arrangea ses boucles dorées, qui lui avaient toujours valu un succès fou, à son grand désespoir, majoritairement auprès de la gente féminine. Il boutonna sa chemise, vérifia que l'ensemble général allait et enfila une veste en cuir. Il prit les clés de sa Harley, son casque, et passa l'appartement en revue, d'un regard criculaire. Serein, il ferma la porte, sûr de revenir avec un homme ici. Autant se changer les idées de manière efficace. Il ne trouverait aucune relation stable et sérieuse dans une boîte de nuit, il le savait. Mais au moins, il occuperait sa nuit, qui, de toute manière, avait été vouée dès le début à la luxure. Alors autant y aller à fond et en faire profiter quelqu'un. En gentil locataire, il prit garde à ne pas faire trop de bruit en quittant la petite maison et ferma discrètement la porte. La surdité de sa logeuse n'était pas un motif pour être irrespectueux.

Le doux ronronnement de la Harley. Il ne pourrait jamais s'en passer. C'était presque orgasmique comme bruit et comme sensation. La seule fille qu'il aimait avoir entre les cuisses, comme il le disait parfois. Même si parfois, conduire une voiture lui manquait, il ne changerait sa belle pour rien au monde. Au moins elle lui permettait de penser à autre chose. Il se trouvait absolument malsain de penser ainsi à un jeune homme avec qui il n'avait pas échangé plus de quelques phrases. Un simple drogué. Mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Ces grands yeux bleus posés sur lui, ces lèvres qui bougeaient beaucoup trop vite pour son bien. Ce n'était pas de l'amour. Pas si vite, pas si tôt, mais il était attiré, oh ça oui, par ce jeune homme. Il coupa le moteur et se recoiffa avant d'entrer dans la boîte de nuit. Il dansait et se mêlait aux autres. Il ondulait et embrassait les garçons qui s'intéressaient à lui sans en trouver un satisfaisant. Il voulait en trouver avec des bras dans lesquels il pourrait se perdre et passer à autre chose. Il avait déjà bu un verre mais savait qu'il avait une bonne résistance à l'alcool. Et il aurait le temps d'éliminer, sachant qu'il comptait rester un bon moment, à moins de trouver une conquête. Ses mains s'échouaient ci et là. Ceux qui n'étaient pas intéressés par les garçons s'éloignaient tout simplement, les autres restaient ou n'y faisaient pas attention. Un jeune homme dansait langoureusement contre une rouquine et il se colla à son dos, dansant collé-serré, et ledit jeune homme pris en sandwich entre les deux autres. C'était vulgaire et juste un appel au sexe, mais c'était ce que cherchaient les gens en venant ici.
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MessageSujet: Re: (protect me from what i want) + luciel Dim 24 Jan - 1:02


La musique hurle dans ses oreilles, et il ressent les vibrations des basses dans chaque parcelle de son corps. Ce n'est pas une impression due à l'héroïne qui court dans ses veines comme toujours, non. La musique est forte ici, sans doute trop pour la bonne santé de ses tympans, mais il s'en moque. Il se tue à coups d'injections, ce serait quand même plutôt futile de se préoccuper de ses capacités auditives dans ces conditions. La musique hurle, la musique pulse, et Luce danse. Il ne danse pas parce qu'il aime ça, il n'a jamais réellement aimé ça, tout comme il n'a jamais aimé les gens ou la foule. Mais la drogue le libère de ses peurs, en même temps qu'elle emprisonne son corps dans la dépendance un peu plus chaque jour. Luce emprunte doucement le chemin du non-retour. Il voudrait bien consommer moins, il a conscience de la connerie dans laquelle il a plongé, mais tant pis. Il n'a pas le courage d’abandonner, il ne peut pas affronter la douleur, il ne le veut pas, il ne veut plus les cauchemars et la peur encore plus que maintenant, il ne veut même pas essayer. Il est lâche, alors dès que le manque est un peu trop présent, il recommence. Même si il sait que viendra un jour où son corps en voudra plus, et où il devra acheter plus. Mais pour l'instant il n'y pense pas, il n'est pas en état de penser. Son sourire chimique aux lèvres, il danse, compressé contre les corps d'une façon qui lui aurait valu une crise de panique si il n'avait pas été aussi bien. Il n'est pas complètement déchiré, mais il est assez anesthésié pour que rien d'autre n'existe à part la musique à la fille contre qui il se colle. Rousse. Jolie. Les mains de Luce se nouent derrière le dos de la fille, qui l'enlace à son tour. Il ne leur faut pas longtemps pour s'embrasser. Ils se lâchent, recommencent, se re-lâchent, plusieurs fois. Et recommencent encore -partons du principe que c'est une parade nuptiale. C'est moins joli que celle des paons, mais bon, on fait avec les moyens du bord, et Luce ne sait pas faire la roue-. Ceux qui viennent ici sont rarement là autre chose que pour du sexe. Certains viennent juste pour faire la fête mais évitent de trop chauffer les autres. Et malgré le fait qu'elle n'ait pas l'air alcoolisée plus que de raison, la danse sensuelle de la fille contre lui laisse relativement peu de place au doute. Le son est trop fort pour qu'il lui demande son prénom. C'est dommage. Il aime bien associer les visages et les prénoms, même si il l'oublie après. Il a beau changer souvent de cible, il trouve ça quand même plus correct de savoir avec qui il couche. Question de principes -pour le peu de principes qu'il a-.

Un autre corps se colle à eux, à lui, dans son dos. D'abord il n'y prête pas attention, il se prête vaguement au jeu lascif avant que son cerveau ne lui signale que le corps est celui d'un autre type. Il s'arrache à l'emprise de l'autre et se retourne à moitié pour le dévisager. Erreur. Il reconnaît le visage. Sérieusement, c'était quoi la probabilité qu'il retombe sur ce mec, encore ? Weird Falls n'était quand même pas si petite que ça, il y avait pas mal de gens dans la foule, et il fallait qu'il retombe encore sur le Chasseur ? La dernière fois qu'ils s'étaient vus, ça c'était plutôt très mal passé. Luce avait porté les bleus des coups de l'autre pendant presque quinze jours, et ses mots flottaient toujours dans son esprit, trouvant un écho bien familier dans ses propres pensées. Démon. Son visage devient froid, et il le dévisage avec tout le mépris dont il est capable.

"Dégage."


Puis il se détourne de lui pour enlacer de nouveau sa rouquine, qui devait commencer à trouver bizarre le soudain arrêt sur image du camé. Il espérait juste que l'autre allait lui foutre la paix cette fois. Il ne voulait pas le voir, il se foutait complètement de son existence. Complètement. Les mots, ou plutôt l'unique mot, l'ordre qu'il avait lâché lui avait échappé. Mais tant pis. C'était dit, et il espérait que l'autre en tiendrait compte.
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MessageSujet: Re: (protect me from what i want) + luciel Dim 24 Jan - 17:35


Le jeune homme semble participer plus ou moins. Il est dans un état second, mais Gab' ne peut rien dire. Il faut dire que la musique, la musique si forte, est littéralement hypnotisante. Même si elle leur agresse les tympans, qu'elle dégueule et hurle plus qu'elle ne chante, le Chasseur s'est adapté. Cela associé aux corps qui se frottent plus ou moins volontairement contre lui et toute trace de jeune homme tatoué disparaît de son esprit. Ce qui est une bonne chose, étant donné que c'était pour cela qu'il avait quitté son appartement. S'il avait été bi, il se serait également sur la rouquine, plutôt jolie de ce qu'il pouvait voir, avec ces lumières de toutes les couleurs qui clignotaient au-dessus d'eux et qui ne facilitaient pa vraiment la reconnaissance visuelle. Mais le Chasseur n'avait jamais aimé que les garçons. Et celui-ci lui plaisait vraiment. Il pose une main sur la hanche presque dénudée et se laisse aller à leur danse. Puis il sent le type bouger et se retourner. Alors il ouvre les yeux, qu'il ne se rappelait pas avoir fermé pour croiser ses yeux. De grands yeux restés bleu marine, malgré tous les spots colorés qui se réfléchissaient. Des yeux bleus qui le transportent quelques semaines plus tôt. La jalousie courait dans ses veines. Comment, comment, comment avait-il été aussi bête pour ne pas le voir ? Cette blondasse, aussi imbaisable soit-elle, cette blonde était sa copine. Ce qui ne lui laissait absolument aucune chance. Non seulement il était drogué, tatoué, hétéro et mineur, mais en plus il était en couple. Gabriel était fou de rage, une colère dirigée contre lui-même. Alors, il lâcha le jeune homme qu'il venait d'embrasser le plus vulgairement possible et tenta de se frayer un chemin en-dehors de la boîte. Il bouscula Lucifer violemment au passage, et ce tout à fait volontairement. Et quand l'autre s'était indigné, il lui avait balancé être jaloux. « Mais de quoi t'es jaloux mec ? T'es pas mon mec, ni mon pote, ni rien, t'as pas à être jaloux putain ! »L'expression ni rien lui avait fait mal, tellement mal qu'ils avaient fini par se battre. Et même si il avait été poussé par une onde de choc -parce que ce petit con était un élémentaliste en plus de ça-, qu'il s'était pris quelques coups, il se doutait que frêle comme il semblait être, le gamin avait dû souffrir. Gab' avait également souffert, mais d'une toute autre manière. Et puis, surtout, surtout, il l'avait traité de démon.. Et il l'avait lu dans les yeux du môme. Ça avait eu un vrai impact sur lui. Et Gabriel avait fait une -superbe, si vous voulez mon avis- connerie. Avant de partir, juste avant de se mêler à la foule pour fuir, il l'avait embrassé. Oh, ça n'avait duré qu'une fraction de secondes. Mais c'était bien assez pour que Lucifer le haïsse encore plus qu'il ne le détestait avant. Alors quand le Chasseur croise les yeux du gamin, et qu'il voit son visage se fermer et se durcir, une part de lui ne peut s'empêcher de se briser de nouveau. Parce qu'il aimerait avoir un sourire, une ouverture, et pas se briser le cœur à chaque fois. Il était un peu malsain tout de même, de continuer à faire ça. De s'entêter, alors qu'il savait que l'élémentaliste était hétéro. Mais il essayait de garder espoir. Peut-être qu'au fond, il ne l'était pas tant que ça. Il avait surtout l'espoir de ne pas avoir chaque parcelle de son cœur brisée. "Dégage." , qu'il lui dit de son air mauvais, avant de retourner enlacer la rouquine.

Gabriel n'avait sérieusement pas de chance. C'est la pensée qui lui traversa l'esprit lorsqu'il défit ses main des hanches du jeune homme. Sur tous les mecs de la Terre qu'il trouvait à son goût, il avait fallu qu'il tombe sur celui-ci. Celui qu'il voulait éviter à tout prix, qu'il voulait oublier. Son Obsession comme il commençait à l'appeler. Luce devait certainement croire qu'il en avait fait exprès. Mais s'il n'était pas trop déchiré pour cela, il aurait pu prêter garde à l'expression e surprise qui déformait un peu les traits du blond. Il passa sa main dans ses boucles d'un air gêné, ne sachant pas quoi faire. Puis, sa bouche se décida à parler toute seule, sans que le cerveau n'aie donné aucun ordre de ce genre. Parler dans ce genre de situations, c'était jamais une bonne idée. Et puis, dans sa rébellion, ladite bouche avait entraîné une partie des muscles. C'est ainsi que Gabriel se retrouva à se rapprocher et à se mettre à la portée de l'oreille de Lucifer, et surtout à parler assez fort pour que le jeune homme l'entende malgré la musique. « Je suis désolé pour la dernière fois. ». Il s'asséna une petite dizaine de paires de gifles mentales. Pourquoi il avait fallu qu'il parle ? L'ordre avait pourtant été clair. Et il avait pris sa décision en quittant la boîte de nuit la dernière fois, il devait abandonner. Il devait arrêter d'essayer alors qu'il savait pertinemment bien qu'il n'avait aucune chance. S'il commençait par arrêter de se tenir aussi proche du jeune homme et qu'il allait danser avec d'autres mecs, il oublierait beaucoup plus vite. Mais sa bouche -qui voulait tellement se poser sur cette nuque et l'embrasser, faire frissonner le jeune homme, et marquer la peau tatouée de ce cou- continua de se liguer contre lui. « J'aurais jamais dû te traiter de démon, parce que tu m'as tout l'air d'un ange. ». Cette dissidente le faisait passer pour un dragueur lourd maintenant. On approche de la schizophrénie, actuellement. Oui, Gabriel, les messieurs en blouse blanche sont tes amis. Maintenant tu vas prendre ta pilule rose et tu vas faire un somme.
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MessageSujet: Re: (protect me from what i want) + luciel Mer 27 Jan - 21:58


Luce manque de sursauter brutalement quand l'autre se penche vers lui pour lui répondre. Manque seulement parce que même si il n'est pas euphorique, il est encore trop amorphe pour être réellement surpris par quelque chose comme le son d'une voix. Surtout dans le bruit environnant, ce qui reste plutôt logique quand on réfléchit bien. Parce que bon, c'était déjà assez galère d'entendre quelqu'un parler, donc en être surpris, même pour quelqu'un de ni drogué ni alcoolisé, ça paraissait plutôt improbable.

"Je suis désolé pour la dernière fois."

Qu'est ce qu'il n'avait pas compris dans le mot "dégage" au juste ? Et puis c'était bien mignon d'être désolé, mais le brun n'en avait globalement rien à foutre. Ce n'était pas des excuses qui allaient effacer son coup foutu en l'air, et les insultes, et les marques de coups sur son corps. Marques qu'il n'avait plus à l'instant présent, certes. Cela dit c'était bien dommage, si il les avait toujours il aurait pu les lui montrer pour lui prouver qu'il avait cogné trop fort. Mais d'une part elles n'étaient pas restées assez longtemps, de l'autre Luce avait horreur de se plaindre. Alors il n'aurait certainement pas pleurniché devant l'autre.

"J'aurais jamais dû te traiter de démon, parce que tu m'as tout l'air d'un ange."


Luce lâche la rouquine, se retourne. Il sait très bien qu'il risque de se la faire piquer en se détournant d'elle, mais tant pis. Il ne la voulait pas particulièrement, comme elle ne le voulait pas spécialement lui. Donc tant pis, dans le pire des cas il en cherchera une autre, mais il est obligé de répondre à l'autre. Même si franchement, ses phrases de drague moisies, il pouvait se les garder. C'était à peine au-dessus du « eh ton père c'est un voleur blabla étoiles blabla yeux » au niveau de l'originalité et de la poésie. Enfin d'un coté, Luce aurait presque pu admirer l'obstination dont le jeune homme faisait preuve. Obstination parce qu'il était en train de draguer un mec hétéro, et que ça faisait plusieurs fois qu'il se prenait des énormes vents de sa part. Presque si il n'avait pas su qu'il cherchait un plan cul, qu'il insistait sur le fait que Luce était gay -non mais franchement, il va les chercher où ses conneries ?-, et qu'en plus de tout ça, le type était un connard -de manière tout à fait objective- qui l'avait cogné -aah nouvelle théorie, il était peut-être sadique, dans le genre BDSM, donc frapper quelqu'un il aimait bien et ne voyait pas où était le problème. À noter celle-là, elle se tenait plutôt pas mal-. Luce planta un index agressif dans la poitrine du blond, histoire de le maintenir un minimum à distance, des fois que l'air froid qu'il affichait ne suffise pas -après tout, l'insulter ne l'avait pas empêché de l'embrasser alors qu'il n'avait rien demandé, c'était plutôt normal qu'il se méfie maintenant-.

Il est obligé de répondre parce que le Chasseur n'a aucune idée de ce dont il parle. Luce n'a pas l'air d'un ange. Ou plutôt si, il peut en avoir l'air, mais c'est pour mieux cacher ce qu'il est. Sans doute un cadeau du Diable ça, avoir l'air innocent pour plus facilement détruire, comme il avait détruit sa sœur, comme il l'avait conduite à la mort. La main qui n'est pas mobilisée pour éloigner Boucle D'or de lui se resserre un peu. C'est par ses mains que le feu se manifeste, et l'air, et l'eau, et la terre. Certains, d'autres enfants maudits, y arrivent peut-être sans rien faire, mais ce n'est pas son cas. Enfin, pour le peu qu'il les utilise. Il les hait tellement. Non, inexact, il n'y a que le feu qu'il déteste réellement. En même temps, quoi de plus normal ? Le feu est l'élément ayant le plus de potentiel de destruction. Ça paraissait logique que ce soit le plus puissant chez lui finalement. Le plus puissant, le plus incontrôlable, le plus dangereux. Il le hait. Et il se hait avec.

"Garde tes excuses et tes phrases toutes faites, pour ce que j'en ai à foutre. Tu penses t'être trompé en me traitant de ça ? T'as pourtant jamais été aussi proche de la vérité, alors tu ferais mieux de m'oublier. Va draguer un mec de ton bord, fais ce que tu veux avec, je m'en tape."
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MessageSujet: Re: (protect me from what i want) + luciel Sam 30 Jan - 23:35

Gabriel est devenu observateur avec les années. Il a appris à décoder les gens pour savoir s'il devait les considérer comme une menace. Alors, évidemment, il ne loupe pas le poing qui se serre. Et il se demande si cette rage qu'il lit dans les yeux du jeune home lui est destinée. Il espère que non. Et d'un autre côté, il se dit que ce serait plus rassurant. Parce qu'il a également remarqué, mais il y a un moment déjà, la présence de nombreuses -trop nombreuses- cicatrices sur l'avant-bras de Lucifer. Alors, même s'il ne sait que très peu de choses sur ce comportement là, il se dit que peut-être que le brun tatoué se déteste autant que ça. Et une part de l'esprit de Gab' en a le cœur serré. Parce qu'il ne semble pas être quelqu'un de mauvais, si ce n'est la tendance à se battre, si ce n'est la drogue et le vol. Il ne semble avoir tué personne. Il semble réellement un ange. "Garde tes excuses et tes phrases toutes faites, pour ce que j'en ai à foutre. Tu penses t'être trompé en me traitant de ça ? T'as pourtant jamais été aussi proche de la vérité, alors tu ferais mieux de m'oublier. Va draguer un mec de ton bord, fais ce que tu veux avec, je m'en tape." Gab' soupire en comprenant qu'il avait raison. Quelles que soient les choses que le jeune homme se reproche, rien ne justifie de se haïr tellement. Personne ne devrait mériter autant de colère, et encore moins soi-même. Quant à l'oublier, le Chasseur aimerait bien, si seulement c'était possible. C'est ce qu'il tente de faire depuis leur dernière rencontre, où il s'était dit qu'il abandonnait. Mais son esprit est encore plus têtu que sa volonté. Même s'il sait à quel point cette obsession est malsaine, même s'il sait qu'il va se briser les dents à chaque fois qu'il tentera une approche, il est accro lui aussi. Il est accro au peu qu'il peut avoir. « Ça fait huit ans que je chasse. J'ai vu toutes sortes de créatures. Mais des anges ou des démons jamais. Ça existe pas. Y a que des hommes sur Terre. De très beaux et les pires criminels. T'as pas du tout l'air d'un Ted Bundy, t'as juste l'air complètement paumé. » Il lui adresse un petit sourire, presque timide, qui essaie d'être réconfortant. Il ne sait pas vraiment faire. Il ne sait jamais quoi faire avec Lucifer de toute manière. Il a toujours l'impression de se planter, ou de passer à côté, ou de faire une gaffe. Ça devrait l'inciter çà arrêter. Lui montrer que quand bien même l'autre serait attiré par les mecs, que ça ne servirait à rien, parce qu'ils ne sont pas faits pour aller ensemble.
Gabriel retourne danser un moment. Mais ses pensées sont revenues à leur sujet préféré. Et alors qu'il se demande si les suçons prendraient cette même couleur violette sur la peau tatouée, il le voit. Il ne sait pas s'il a trouvé une autre fille ou non. Il s'en fout. Il se met dos à lui. Entre temps, il s'est de nouveau alcoolisé. Il ne sent plus les choses de la même façon. Et il pense que tenter une nouvelle approche serait une bonne idée. Il doit être maso au fond de lui. C'est la seule explication qui justifierait tout ce bordel. Il danse contre un autre homme, en tentant de capter le regard de sa proie préférée. Il se mordille la lèvre et se rapproche assez pour lui dire quelques mots « Tu voudrais pas qu'on essaie ? Au moins de danser ensemble. Et qui sait... Autant tu te rends compte que je t'attire. Et tu me laisses te faire sombrer du côté obscur de la force. Y a que les imbéciles qui changent pas d'avis. » Le Chasseur avait un rien trop bu. Et il avait envie du jeune homme. Oh, oui, terriblement envie. Et pourtant, il ne se colle pas à Lucifer comme il le ferait habituellement. Parce qu'il n'a pas vraiment envie de se battre. Parce qu'il ne prend pas ses médicaments, et qu'il est ivre, et que si l'autre le provoque, il perdra certainement pied. Ce qui n'est pas du tout une bonne idée. Il n'a absolument pas envie de finir sa soirée au poste. Merci, bien. Il n'a pas besoin de ça. Surtout que l'autre serait du genre à ne plus le laisser l'approcher à moins de cinq cent mètres. Alors il continue son manège, sans même toucher Luce. « Tu sais, je peux faire autre chose que de rouler des pelles avec ma langue... » Il devient vulgaire et il le sait. Il le chauffe ouvertement, parce qu'il veut tester ses réactions. Il veut voir à quel point il est hétéro. Parce que mine de rien, il a envie d'y goûter, à ce jeune homme tatoué. L'alcool lui fait oublier certaines choses qui l'arrangent, comme notamment le fait que l'élémentaliste soit mineur par exemple. Parce que sinon, jamais il ne coucherait avec. Il a des principes, quand même. Si encore, le gamin en était qu'à quelques mois d'avoir dix-huit ans, ça passerait, mais non ! Il ne devait même pas en avoir dix-sept, à se demander comment il avait pu rentrer. Gabriel le reluque des pieds à la tête, en se passant la langue sur les lèvres. Le chasseur ne dirait pas non à profiter de ce cul de rêve, sur lequel il aimerait poser ses mains pur ne plus rien toucher d'autre jusqu'à la fin de sa vie. Parce qu'il faut dire que même pour un drogué, Lucifer est franchement pas mal et que c'est un peu dommage pour les autres mecs de ne pas pouvoir en profiter.
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MessageSujet: Re: (protect me from what i want) + luciel Mar 16 Fév - 0:59


"Ça fait huit ans que je chasse. J'ai vu toutes sortes de créatures. Mais des anges ou des démons jamais. Ça existe pas. Y a que des hommes sur Terre. De très beaux et les pires criminels. T'as pas du tout l'air d'un Ted Bundy, t'as juste l'air complètement paumé."

Il risque un sourire. Mais qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va changer quelque chose ? Thésée n'a pas suffit à le faire changer d'avis à propos de lui-même. Thésée n'a pas réussit, malgré toutes ses tentatives et toute son affection pour lui, et Thésée est la seule personne qu'il aime et respecte. Elle est tout ce qui lui reste. Et si elle n'y arrive pas, lui, le chasseur qu'il ne connaît même pas, pense-t-il vraiment être capable d'ouvrir les yeux de Luce ? Que soudainement, le brun réalise que non, rien n'est de sa faute, qu'il n'est pas un monstre, que son pouvoir n'est pas une malédiction, qu'il n'est pas responsable de la mort de sa sœur ? Ridicule. Complètement utopique. L'autre s'éloigne sans que le tatoué ne réponde. Tant mieux. Parce qu'il n'aurait pas su quoi dire. Il n'avait pas envie de déballer sa vie au mec pour expliquer pourquoi il avait raison de penser ça, et il n'avait pas envie d'en venir aux poings comme la dernière fois. Non pas que Lucifer ait peur de se battre. Il n'avait pas peur de la souffrance. Seulement, dans un lieu public, c'était risqué. Parce que ça pouvait dire finir au poste, si la bagarre dérangeait des gens. Et aller chez les flics quand on a une fausse carte d'identité, même bien faite, c'était quasiment suicidaire. Et Luce ne voulait pas prendre le risque. Tout et n'importe quoi plutôt que de retourner chez eux.

Il ne croise pas l'autre pendant un moment. Il essaye de danser, un temps. Mais il finit rapidement par se sentir mal. La drogue, son effet, s'est dissipée. Plus vite que d'habitude. Peut-être en a-t-il pris moins que sa dose habituelle, sans faire vraiment attention, puisqu'il ne fait jamais attention à ce qu'il prend. Peut-être tout simplement que son corps s'habitue, mais il ne veut penser ni à ça ni à ce que cela impliquerait. Il tente de lutter contre la sensation de froid et les nausées. Et il ne sait pas trop comment, mais il croise le regard de l'autre. Pas encore lui. Autre qui est plutôt proche de lui finalement. Assez pour qu'il l'entende parler.  Il arrive à se reprendre un instant.

"Tu voudrais pas qu'on essaie ? Au moins de danser ensemble. Et qui sait... Autant tu te rends compte que je t'attire. Et tu me laisses te faire sombrer du côté obscur de la force. Y a que les imbéciles qui changent pas d'avis."

Luce secoue violemment la tête. Complètement taré ce mec. Et maso. Carrément maso. Bien sûr oui. Là aussi, il suffisait d'une phrase du blond pour que soudainement il réalise que allez oui pourquoi pas flirter avec un mec, et il allait s'ouvrir au monde arc-en-ciel. N'importe quoi.

"Tu sais, je peux faire autre chose que de rouler des pelles avec ma langue..."

... Il ne vient pas de faire le sous-entendu le plus dégueulasse que j'aie jamais entendu là, si ? Luce voudrait répondre, l'insulter, n'importe quoi. C'était ce qu'il comptait faire. Mais son malaise grandissant revient. Il est à deux doigts de vomir. Et soudainement il se rend compte que la musique est trop forte, elle lui fait mal à la tête, elle résonne douloureusement dans son esprit comme si elle allait le faire éclater. Et sa phobie revient, et il voit la foule autour de lui, il voit les corps qui se compressent les uns contre les autres et ça l'étouffe et il va mourir et …

"Il faut que … que jsorte d'ici … maintenant."

Il bredouille ça sans trop savoir pourquoi, parce qu'après tout, il n'en a rien à foutre de prévenir le chasseur de ses projets. Et il tente de s'échapper, loin d'ici, loin du danger de la masse. Il les pousse sans ménagement, il éloigne les corps de lui, même si il doit se faire insulter pour ça. La sortie est son salut. Il finit par arriver dehors. La panique crispe son corps, éclipsant presque le manque qui commence à se faire sortir. Il s'assoit, dos au mur -probablement sale et recouvert de pisse, mais il s'en fout-, le front appuyé contre ses mains, elles-mêmes appuyées contre ses genoux. Il tente de retenir ses tremblements. C'est bon, ça va, y a plus personne, la foule est partie, c'est bon. Pourquoi donc s'obstinait-il à aller danser alors que les gens lui faisaient cet effet quand ils étaient réunis ? Pourquoi risquer d'être confronté à une foule compacte si la drogue se dissipe, comme maintenant ? Il ne sait pas. Et c'est dans les cas comme ça qu'il regrette de venir ici.
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MessageSujet: Re: (protect me from what i want) + luciel Jeu 18 Fév - 20:56

Gabriel voit le dégoût passer dans les yeux de Lucifer et il comprend qu'il a été peut-être un peu trop direct. Il s'attend à recevoir une pique bien sentie mais il se rend soudainement compte que l'autre est très pâle. il vire presque translucide à cet instant précis. Il est à des lieues de se douter de ce qu'il peut bien se passer dans la tête et dans le corps du drogué, mais en revanche, ce qu'il voit, c'est que l'autre n'est pas bien. Vraiment pas. Et il ne tient pas à rester là, sans rien faire. Même s'il est toujours alcoolisé, il ne peut pas laisser l'autre ne pas aller bien comme ça. Il sait. Il sait quelque chose, qu'il ne veut pas avouer, pour ne pas se faire mal plus que de raison. Mais il se doute qu'il y a quelque chose derrière une telle obsession. Alors, c'est ce quelque chose qui le pousse à suivre le tatoué, récupérant ses affaires au passage, et sortant de la boîte. Il enfile sa veste et scrute les environs, en restant pas loin du pas de la porte. Il espère que l'autre n'est pas reparti, nul ne sait ce qu'il pourrait lui arriver. Il ne le voit nul part. Puis il longe le mur des yeux. Et il le voit. Là. Recroquevillé sur lui-même, la tête baissée, tremblant comme une feuille. Le Chasseur se dit qu'il aimerait bien avoir des pouvoirs surnaturels, lui aussi, comme les garous, pour pouvoir savoir sans demander si c'est une histoire de panique ou bien de manque. Ou d'autre chose, d'ailleurs. Il se rapproche et se baisse pour se mettre à la hauteur de l'élémentaliste. Mais il ne le touche pas. Il en est à une distance suffisante pour que l'autre ne se sente pas agressé. Il ne veut pas être repoussé, alors qu'il n'essaie pas de le draguer, mais juste de l'aider. Il refuse de l'abandonner dans un tel état. « Hey. Hey, mec, calme-toi. Il va rien t'arriver, dans le cas où tu serais en train de paniquer, d'accord ? Et dans le cas où c'est à cause de ce que tu peux t'envoyer, dis-moi ce que je peux faire pour t'aider, parce que j'ai pas franchement envie que tu me fasses une overdose, là, sur le trottoir. » Il a vu une fois ce que ça donnait, et encore, elle était déjà prise en charge par les médecins. Il refuse de revivre ça. Et même si il doit prendre le gamin sous son aile, et ce, à contre-coeur, il le fera. Ce type a vraiment pas l'air de quelqu'un de mauvais. Il effleure doucement la main de l'autre, du bout des doigts, et prend conscience qu'il est gelé. Alors, il quitte sa veste. Il est musclé, ça lui permettra de lui tenir chaud. L'autre est maigre comme un clou et doit probablement être en manque. Alors il dépose délicatement sa veste sur les épaules du drogué, en essayant de le toucher le moins possible. Il ne sait absolument pas quoi faire. C'est un monde qui lui est étranger, auquel il ne comprend pas grand-chose. Il aurait presque envie de sortir son portable pour appeler sa sœur et lui demander un conseil. Mais il sait qu'il n'aura pas le temps, et que le brun ne le laissera pas faire. Il attend une réponse, quelque chose de clair. Même des ordres à la limite, il s'en fout. Mais si Lucifer lui demande de partir, il ne le fera pas. C'est contre ses valeurs, contre sa morale, contre tout ce qu'il est. Alors, en attendant, il le détaille du regard. Et cette fois-ci, il n'y a rien qui lui passe à l'esprit. Il voit les tatouages, à travers le tshirt du jeune homme, et qui s'étendent sur ses bras. Il voit les bleus au creux de son coude. Il voit les cicatrices et les marques à l'intérieur de ses poignets, et pour ça, Gab' ne peut s'empêcher de réprimer un frisson. Il n'est pas dégoûté, non. C'est juste que l'image de la peau entaillée, de la peau entaillé volontairement lui fait éprouver cette sorte de peur. Il voit les longs doigts, fins. L'autre a de belles mains, tatouées elles aussi, mais belles. Les cheveux du brun semblent soyeux, et d'un noir si profond qu'on croirait le plumage d'un corbeau. Le chasseur aimerait bien que son vis à vis relève la tête. Parce qu'il sait qu'il a des yeux sublimes. D'un bleu sombre, profond, dans lequel le blond pourrait se perdre pendant des heures. Des yeux expressifs, là où le reste du visage est fermé et dur. Et des lèvres charnues, douces, d'une forme particulière. « Sérieusement... C'est pas pour te draguer ou quoi que ce soit, là. Je vois que tu vas pas bien. Tu m'aimes pas, limite tu me hais, alors je peux pas t'inciter à te confier à moi, ce serait complètement con comme idée. Mais j'aimerais que tu me dises ce que je peux faire pour toi. Y a pas d'histoire de m'être redevable, ou je sais pas quelle autre connerie. Si c'est la drogue, j'ai peut-être un ecstasy que je gardais pour plus tard dans ma poche... Par contre, j'ai rien pour te payer une dose. » Il fouille dans la poche de son jean et sort deux petits cachets colorés, avec un cœur dessiné dessus. Il les dépose dans la main de Luce, en espérant que cela l'aide à aller un peu mieux le temps de se faire une dose. Il s'assied ensuite à côté de lui, toujours à une distance suffisante pour que l'autre ne se sente pas agressé. Ce n'est vraiment pas le but. Il tourne un peu la tête vers le brun et ajoute, d'un air un peu piteux [i]« Et puis, si c'est pas à cause de la drogue, ou bien si t'es en train de te répéter des trucs négatifs dans la tête, je préfère ne serait-ce que rester là. Si toi tu t'en fous complet de mon existence, si c'est limite si je te dégoûte pas, moi, j'ai pas franchement envie que tu crèves, angel. Ni que tu souffres plus que de raison. » Il point de l'index les marques que l'autre a sur le bras. Il ne sait pas d'où sort le surnom, mais il ne l'emploie pas pour draguer, non. Il espère que le tatoué comprendra, à son intonation, qu'il n'essaie pas de le mettre dans son lit, mais juste de lui sauver probablement la vie.
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MessageSujet: Re: (protect me from what i want) + luciel Dim 8 Mai - 2:11


Luce est en pleine crise de panique, en pleine crise de manque. Il a l'impression d'étouffer, pris au piège de son propre corps. Il a l'impression qu'il va mourir, que sa poitrine se bloque, qu'il ne peut plus respirer, et il voudrait presque mourir pour échapper à cette sensation. Il a envie de vomir. Il ne sait pas où est la part de la drogue, et où est celle de sa panique dans les symptômes. Il ne sait pas, mais il n'est franchement pas en état d'y réfléchir pour l'instant. Il n'a même pas conscience que l'autre l'a suivi, qu'il se met à sa hauteur. Il le voit, il le sait, mais son cerveau ne réalise pas. Dans sa tête, il est tout seul, il est abandonné, et il étouffe. Il l'entend parler, mais il ne comprend pas. Il entend juste la voix, la voix un peu douce, calme, qui même si il ne l'avouera jamais plus tard, se montre rassurante au possible. Il ne comprend rien, mais il s'accroche aux quelques mots de cette voix-là pour se calmer, au moins un peu, pour s'ancrer de nouveau dans une réalité qu'il déteste. Du moins il essaye. Mais il n'a pas parlé assez, alors il glisse de nouveau dans son monde de reproches et de haine contre lui-même. Il ne sent rien à part le froid qui lui glace les os. Il ne sent pas la main qui frôle la sienne, pas plus qu'il n'a conscience qu'on lui pose un manteau sur les épaules.

À quoi tu sers ? Pourquoi t'es là ? Pourquoi t'es toujours là, alors que tu sais que t'es un monstre ? Qu'elle est morte à cause de toi ? Pourquoi t'es là alors qu'elle est morte à ta place, alors que c'est toi qui aurait dû mourir ? Pourquoi t'es là, enfant du diable ? Pourquoi t'as pas rejoint ceux qui t'ont engendré, aux enfers ? Pourquoi tu persistes à vivre, à vivre cette demi-vie, où t'es la plupart du temps défoncé ou en manque, ou en train de voler, parasite que tu es ? À quoi tu sers, Luce ?

Ça tourne dans sa tête. Il voudrait penser à ce que lui dit Thésée, aux gentilles choses positives que dit Thésée, mais il ne peut pas. Il a juste envie de disparaître, ou de prendre un couteau ou des lames, et d'entailler sa peau encore, encore, et encore. Mais il ne le fait plus, ça, malgré l'envie qui le tiraille de recommencer. L'autre parle, encore, encore, et encore. Assez pour que Luce s'accroche à ça, là où il n'avait pas réussi à le faire, quelques instants plus tôt. La panique retombe un peu. Pas les idées mauvaises, mais il n'a plus l'impression d'être incapable de respirer. Il ne comprend toujours pas ce qu'il dit, le bouclé. Il ne comprend pas mais c'est pas grave, ça le retient un peu. Ça le réconforte un peu, que quelqu'un soit là, malgré tout ce qu'il dit. Il a conscience que l'autre dépose quelque chose dans sa main. Il regarde, de ses yeux explosés, et reconnaît les cachets caractéristiques de l'ecstasy. Ça peut être suffisant pour faire retomber le manque, pour l'éloigner au moins un peu. Il ne réfléchit pas. Il avale les cachets. Il faut quelques minutes encore pour que les tremblements s'estompe. Il n'aura pas besoin de se faire une dose tout de suite, ça pourra attendre qu'il rentre chez lui, là où la dose de secours l'attend.

Quand il a un peu plus conscience de ce qui l'entoure, il voit que le chasseur est toujours là. Assis à coté de lui, mais pas assez loin pour se sentir seul, pas assez proche pour se sentir menacé. Juste la bonne distance. Il a conscience que le blond a parlé plusieurs fois, et que lui, Luce, n'a absolument rien compris à ce qu'il a dit. Mais que, visiblement, il voulait juste l'aider. Quoique, ça pouvait très bien cacher des intentions peu louables, il n'était pas stupide au point de lui faire immédiatement aveuglément confiance.

"Merci."

Sa voix est rauque, un peu brisée par toute la panique et tout le manque qui rendent son corps faible et son esprit défaillant. Il se sent obligé de remercier le chasseur pour son aide, quelles que soient ses motivations. Et il se met à pleurer, tout doucement, sans bruit, les voix de la haine répandant leur poison dans son esprit. Elles n'attendent pas le manque et la peur pour se manifester, ces voix-là.
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MessageSujet: Re: (protect me from what i want) + luciel Dim 29 Mai - 16:02

Il avale les cachets d'un coup, sans même les regarder plus que ça. Et le cœur du chasseur se serre. Il a bien trop l'habitude. Un gosse, il n'est qu'un gosse, et pourtant, on croirait que ça fait des années qu'il se drogue. Il compte mentalement le nombre de marques de piqûres au creux de son coude, et il finit par en perdre rapidement le compte. Ça lui fout la nausée. Il a envie de le serrer contre lui. De veiller sur lui. Il a l'impression que l'autre ets seul, seul contre un monstre qui semble être dans sa tête. Le monstre de la haine de soi. Il a l'impression de voir sa sœur en face de lui. Il veut faire tout ce qu'il n'a pas pu faire avec elle. Il a envie de le sauver avant qu'il ne se retrouve sur un lit d'hôpital à cause de cette connerie qu'est la came. Il le remercie et Gab' secoue la tête. C'est rien. Pour lui, c'est rien. Pour lui c'est même pire que tout ce qu'il aurait pu faire. Lui donner de la drogue, lui donner de l'argent pour la drogue. Le traiter de démon alors qu'apparemment il n'a pas besoin de lui pour ça. Il ne l'aide pas. Il ne sert qu'à le faire plonger. Et pourquoi ? Pour paraître plus héroïque quand il le sauvera ? Il était vraiment un sale égoïste. Il oublia un moment son obsession, et le sentiments qu'il avait pour le brun. Mais son cœur se brisa en voyant les larmes dévaler ses joues pâles. Non. Non non non non. Il ne voulait pas qu'il pleure. Il voulait le serrer dans ses bras, le garder contre lui, au chaud, le faire se sentir bien, rassuré. Lui faire comprendre qu'il n'était pas seul. Que même s'il ne voulait pas de Gab' comme le blond voulait de lui, ce n'était pas grave, mais que ça ne l'empêcherait pas de le protéger. Alors doucement, il tend la main et essuie les larmes du tatoué. Il murmure, plus qu'il ne parle, tout doucement, pour ne pas l'effrayer. « Chut... Arrête... T'es pas seul, tu sais ? Y aura toujours quelqu'un pour veiller sur toi... Et même si tu me hais c'est pas grave... Si tu veux pas de moi, tu peux pas m'empêcher de veiller sur toi... Arrête d'abîmer ton si joli corps. Arrête d'empoisonner ton esprit triste. » Il murmure, écrasant chaque perle humide au fur et à mesure qu'elles tombent. Il veut le rassurer. Il ne veut pas voir son nom dans la rubrique des décès. Il ne veut pas que l'autre pense que personne ne voudra de lui, il ne veut pas que Luce pense que sa mort n'affectera personne. Que la Terre continuera de tourner, que le Soleil continuera de se lever, et que les étoiles continueront de briller dans le ciel. Il ne veut pas qu'il pense que rien ne changera, que le monde ne s'en portera que mieux. Parce que lui, ça lui causera une peine immense de ne plus le voir, de ne plus le croiser. Au moins, quand le drogué le rejette, il existe à ses yeux. Et ça lui suffit. Ça ne lui convient pas mais ça lui suffit. « Je prétends pas que j'ai le pouvoir de changer toutes tes pensées, juste par mes bouclettes et mes yeux bleus. Mais je veux juste empêcher quelqu'un de se tuer ce soir. Et demain soir. Et après-demain soir. J'ai pas envie de retrouver ton cadavre. J'ai tué trop de gens innocents qui avaient juste perdu le contrôle. J'ai vu trop de cadavres dans ma vie. J'ai pas envie de trouver le tien. » Il a pas envie de perdre le peu que l'autre lui accorde. Il a pas envie de ne plus croiser ces yeux bleus foncés qui lui font ressentir des choses pour lesquelles il n'a même pas de nom. Il fait se taire son cœur, son cœur qui ressent trop. Il ne veut pas l'effrayer, il ne veut pas le draguer, il ne veut pas le mettre dans son lit. Il veut juste, juste... Il ne sait pas. L'aimer ? Non. Pas de ça. Pas ce soir. Pas là. Le protéger. Le protéger des autres, le protéger de lui-même. Mais est-ce qu'il est vraiment le mieux placé ? un lâche, un égoïste, un colérique. Est-ce qu'il sera en mesure d'une chose pareille ? Prendre quelqu'un d'autre que lui-même sous son aile ? Est-ce qu'il en est capable ? Est-ce qu'il ne finira pas par prendre uniquement ce qu'il voulait au début, pour le repousser ensuite, comme une vulgaire poupée gonflable dégonflée ? Si Luce ne s'aime pas, Gab' n'a pas confiance en lui, en ses réactions. Alors, du regard, il compte les tatouages du brun. Il essaie de leur trouver une signification. Il distingue un renard stylisé et il se demande si il connaît un renard-garou qui a pu avoir une importance pour lui. « Tu as quelqu'un que tu pourrais aller voir ? Pour veiller sur toi ? Ou tu es seul ? » Il a le cœur au bord des lèvres. Ses yeux sont passés d'un tatouage aux nombreuses cicatrices. Il voudrait les embrasser, une à une, en lui répétant ce qu'il aime chez lui. Il se rend compte d'à quel point ce bad boy est brisé, jusqu'au plus profond de lui. A quel point il est fragile. A quel point il est seul. Et ce n'est pas de la pitié, ni une compassion mielleuse qui s'instille dans les veines de Gab'. C'est une inquiétude bien plus profonde que celle qu'il ressentait jusque là. C'est quelque chose de nouveau, qui l'effraie un peu. Il ne sait pas quoi en penser. Il ne sait pas quoi en faire de tout ce qui est en train de se créer peu à peu, alors il choisit de le cacher à lui-même, mais surtout au brun au regard bleu.
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MessageSujet: Re: (protect me from what i want) + luciel Sam 2 Juil - 0:23

Il sent les mains de l'autre, les mains qui touchent son visage, les mains qui essuient ses larmes. Ils ne se connaissent pas, et en temps normal Luce refuserait qu'il le touche, mais il n'a pas l'énergie, il n'a pas la volonté nécessaire pour le repousser, il veut juste pleurer, il veut juste qu'on le laisse tranquille. Il veut juste mourir. Il en demande pas tellement, il veut pas quelque chose de compliqué comme tous ces gens qui désirent argent, bonheur, et tout un tas de bordel, il veut juste fermer les yeux et mourir, même si ça fait peur, même si il refuse de se tuer lui-même, si il pouvait mourir juste comme ça presque comme en s'endormant, ça ça lui irait.

"Chut... Arrête... T'es pas seul, tu sais ? Y aura toujours quelqu'un pour veiller sur toi... Et même si tu me hais c'est pas grave... Si tu veux pas de moi, tu peux pas m'empêcher de veiller sur toi... Arrête d'abîmer ton si joli corps. Arrête d'empoisonner ton esprit triste. Je prétends pas que j'ai le pouvoir de changer toutes tes pensées, juste par mes bouclettes et mes yeux bleus. Mais je veux juste empêcher quelqu'un de se tuer ce soir. Et demain soir. Et après-demain soir. J'ai pas envie de retrouver ton cadavre. J'ai tué trop de gens innocents qui avaient juste perdu le contrôle. J'ai vu trop de cadavres dans ma vie. J'ai pas envie de trouver le tien."

Tais-toi, ferme-la, laisse-moi tranquille. Arrête de dire ça, arrête d'être gentil, c'est débile, tu me connais pas, tu sais rien de moi, t'es pas mon ami, je suis pas le tien, je compte pas à tes yeux, je devrais pas compter, quel genre de taré veut aider et sauver les gens qu'il connaît pas ? C'est pas normal d'être gentil, surtout avec moi, tu me connais pas, tu sais pas ce que je suis, quel monstre je suis, dégage, laisse-moi.

Luce voudrait, voudrait tellement le détester, le haïr de vouloir être gentil, d'être si stupide à s'attacher à lui sans le connaître, d'être aussi naïf de penser qu'il peut changer quelque chose alors que personne ne changera jamais rien à sa façon de se voir, et que la seule personne qui aurait pu faire quelque chose est morte, et que la magie a beau être partout dans cette ville de tordus, personne ne pourra jamais lui ramener sa sœur. Luce voudrait le détester, voudrait le haïr d'être encore à côté de lui au lieu de s'être barré chercher un plan cul normal, d'essayer de comprendre ce qu'il ne peut pas comprendre, d'essayer d'arranger ce qu'il ne peut pas arranger. Luce voudrait le détester, voudrait le haïr, mais il n'y arrive même pas, pas vraiment. Parce que cette gentillesse-là, c'est peut-être ce qui lui manque, ce qui lui fait défaut, c'est peut-être un des petits bouts d'âme qu'ont les gens normaux, qui leur permettent d'être normaux, alors que lui est si mauvais. C'est peut-être une des multiples petites choses qu'il lui faudrait pour ne pas être mauvais. Alors pour avoir cette gentillesse-là, Luce l'envie un peu. Et Luce ne le déteste pas.

"Tu as quelqu'un que tu pourrais aller voir ? Pour veiller sur toi ? Ou tu es seul ?"

Luce regarde ses mains, d'un air un peu absent, un peu lointain. Ouais, bien sûr, il pourrait aller voir Thésée. Mais elle a pas besoin de le voir dans cet état. Il a pas à lui imposer cette vision du déchet qu'il est, parfois, souvent, il veut pas lui pourrir sa soirée et sa journée à s'inquiéter pour lui. Il sait que si elle était là, elle lui dirait qu'elle préfère encore ça plutôt qu'il ne le lui dise pas, il le sait même parfaitement. Mais il n'ira pas, parce qu'il déteste l'inquiéter, parce qu'il se déteste toujours plus pour ça, parce qu'elle va mieux que quand ils se sont rencontrés, parce qu'elle est bien trop ange pour se faire parasiter par un démon comme lui. Et elle l'engueulerait si il lui disait ça, mais il le pense tellement fort, que ça lui suffit pas. Thésée a la même sorte de gentillesse absolue que le chasseur, le genre de gentillesse qui la pousse à aider les gens, même si elle montre les dents en faisait comme si c'était faux, mais lui sait que c'est vrai, parce qu'elle esssaye de recoller son âme en morceaux, parce qu'elle a récupéré ce petit blond orphelin. C'est bien sa veine à Luce, tiens, d'attirer les gens trop gentils pour lui. Il aurait presque envie de dire ça au brun à ses côtés. Va faire un club avec Thésée, vous avez tous les deux trop tendance à vouloir ramasser les débris que vous croiser sur votre route, même si ça vous plombe. Vous êtes un peu les écolos de l'humanité quand on y pense.

"Jveux imposer ma présence à personne. Je … jvais juste rentrer chez moi. Ça ira très bien. Merci. Au revoir."

Il se redresse, s'appuie au mur. Il vacille un peu, mais il tient à peu près droit. Son corps est un bateau. Un bateau au bois pourri, aux planches vérolées, au cordage rongé, aux voiles usées, aux rames en lambeaux. Un frêle esquif chahuté par les vagues et la tempête, le genre de bateau que l'on visualise sombrer à la moindre vague, et qui pourtant surprend tout le monde à rester, à résister, à ne pas couler. À la surprise générale, Luce ne se noyait pas complètement, Luce tenait toujours encore un peu debout. À la surprise générale, ouais, et surtout à la sienne, de surprise.
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