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Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce

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MessageSujet: Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce Mar 18 Aoû - 15:26

Bon. Ce rp est vraiment, vraiment déconseillé aux âmes sensibles. Il traite de la consommation de drogues dures, et de leurs effets, du point de vue de deux consommateurs. Je fais donc passer un petit message de prévention. La drogue c'est mal. Ne tombez pas dedans, par pitié. Ça n'aide pas à résoudre les problèmes, ça ne fait que les empirer. Ça joue sur votre santé, sur votre vie. Ça vous met en danger. Ça vous bouffe votre argent. Ça vous entraîne sur une pente glissante. Si vous êtes déjà dedans, faites-vous aider. N'oubliez jamais que vous n'êtes pas seuls, jamais. Il y a d'autres solutions que celle-ci.


J'ai encore fait le mur. On est vendredi soir et je suis assise en tailleur dans l'appart' de Luce, à même le sol. Je le regarde. Il est pas encore défoncé, on aime bien partir ensemble. Je regarde le petit sachet dans ma main. Ça c'est quelque chose de bien. Les effets durent, certes, moins longtemps, mais mon métabolisme de renarde me permet de ne pas être accro. J'entends la voix de Nate. Qui me dit d'arrêter. Qui me dit que ça ne m'aidera pas, que ça ne le ramènera pas, ni ne lavera le sang que j'ai sur les mains. Et je ne l'écoute pas. Parce que c'est pour ne plus l'entendre justement. Je sais que j'imagine cette voix. Et elle ne fait qu'accentuer ma culpabilité. Je prends le petite assiette propre et dispose la poudre dans l'assiette. Je la sépare en deux à l'aide de ma fausse carte d'identité, nécessaire à ce que nous puissions aller en boîte après. J'en fais deux rails assez fins. J'attrape la paille, je coupe l'embout en diagonale, je coupe la partie flexible et tout le haut. J'en mets une extrémité à l'entrée de mon nez, l'autre dans la poudre, et j'inspire profondément le premier rail en déplaçant l'ustensile. Je fais de même avec l'autre ligne. Il faut cinq minutes pour que l'héro' agisse, je le sais. Alors je prends un cookie dans le sac que je lui ai laissé. Je ne suis pas dépendante physiquement. Mais psychologiquement. J'en ai besoin pour me sentir mieux, pour oublier l'angoisse permanente qu'un chasseur me tombe dessus, pour oublier le fait qu'on pourrait très bien remonter jusqu'à moi our le meurtre de Nate. Pour oublier l'affreuse culpabilité. Je grignote le cookie sans grand appétit. Je ne mange pas réellement. Je n'ai pas réellement faim, non plus. Ça monte, doucement. Ce n'est pas comme en injection, il n'y a pas de flash. C'est cette idée qui me fait trop peur pour que je m'y risque. L'idée que l'héro' remonte directement à mon cerveau et qu'elle donne cette impression, au risque de me noyer entièrement. Je me lève. Ça tangue un peu. Je m'accroche au canapé. Je regarde Luce.

La musique pulse à mes oreilles. Je me sens dans un état lointain. Je me sens flotter. Je me sens bien. Tout est différent. N'est-ce pas. Ce n'était pas de ma faute. J'ai perdu le contrôle de mon renard comme j'aurais pu le faire sous n'importe quelle lune. J'ai toujours été imprévisible comme garou. Je ne l'ai pâs tué. Je ne l'ai pas tué. Ce n'est pas mon problème. La musique arrive différente à mes oreilles. Je me sens m'évader complètement. L'héro' est dans mes veines et je sais qu'elle va y rester encore un moment. Et je sais que dans mon soutif, j'ai un deuxième sachet, pour plus tard, pour que la fête continue. Je ne veux pas redescendre. Je ne veux pas dormir. Parce que dormir, c'est pire. Parce que dormir ça veut dire affronter l'horreur des choses de nouveau, et je ne veux pas. Je traîne Luce avec moi. On a réussi à passer, je ne sais même plus comment. Je m'en fiche. Ce n'est pas la première fois qu'on fait ça. On en a besoin. Ça nous est nécessaire. On est seuls, plus que n'importe qui d'autres. On est seuls et on a le cœur qui saigne. On est seuls et personne ne nous voit. Personne ne peut nous aider. On ne veut pas être aidés de toute façon. C'est mieux ici. C'est enfin mieux. J'ai enfin ce que je cherchais. Je ne trouve aucune famille là dedans, mais c'est encore mieux. Je ne peux faire de mal à personne là. Je n'attaquerai personne. Ma renarde est anesthésiée, complètement ?. C'est elle qui est la plus droguée de nous deux. Je ne suis plus rien. Et j'aime ça. Je ne veux p^lus de ce pouvoir. Je ne veux plus être un monstre. Je veux juste être une camée, une fille défoncée parmi les autres, avec son confident. Si seulement.. Si seulement il n'y avait pas la chute... J'aimerais bien être défoncée en permanence, mais je ne suis pas riche, malheureusement. Et la semaine est dure. Parce que es soirées sont plus rares, parce qu'il est plus dur de faire le mur. Je ne suis pas allée en cours aujourd'hui. Le cauchemar était trop lourd, trop dur. La lune est dimanche. J'ai besoin de m'empoisonner pour l'affronter. Me souvenir de comment c'était avant, même si je fais ça artificiellement. Ne pas me souvenir de la douleur. Je ne suis pas faite pour affronter la douleur. Je n'ai jamais aimé souffrir, je n'ai jamais été assez forte pour ça. Je laisse ma tête reposer sur l'épaule de Luce. Lui aussi il est défoncé et je me sens moins seule dans mon voyage. On est tous les deux dans le même bateau, qu'on laisse complètement dériver.
« Tu me lâches pas, sinon, je tombe. »
Je rigole. Je rigole pour un rien, aussi, ça fait partie des effets de la drogue. Lui il se fait des injections, c'est plus compliqué pour consommer dans les toilettes. Il ne se balade pas avec un citron sur lui aux dernières nouvelles.

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MessageSujet: Re: Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce Mer 19 Aoû - 0:34

HRPG : la mise en garde de Thésée est bien suffisante et je suis totalement d'accord avec elle, mais je dois le préciser. Ce que pense Lucifer de la drogue n'est absolument pas mon point de vue. Vous avez qu'une vie les gens. La gâchez pas avec des conneries chimiques.


Thésée est là, dans son appart'. Il l'attendait. Si ils avaient été des amis normaux, il lui aurait sourit, aurait pris de ses nouvelles, et aurait jacassé avec elle pendant des heures vautrés devant la télévision ou sur son lit, au choix. Il l'aime bien, Thésée, là n'est pas la question. Mais ce qu'ils font quand ils sont ensemble n'est pas franchement la chose la plus joyeuse du monde. La drogue, l'oubli volontaire et chimique, elle connaît aussi. On fait plus cool et plus normal comme point commun, je vous l'accorde. Elle, elle sniffe. Elle prend moins de risque. Lui, il est plus à ça prêt. Il a plongé vite, si vite, trop vite. Ça fait à peine plus d'un mois qu'Hazaëlle est morte, et il a déjà dépassé le stade des joins et du sniff pour en arriver aux injections. Des fois, il se dit que ça va le tuer. Et des fois, il le souhaite. Non, pas des fois. Souvent, tout le temps. Entre un shoot et une nouvelle trace sanglante sur son bras, il appelle la mort de tout son cœur. Sans avoir le courage de faire un nœud à la corde ou d'armer le pistolet contre sa tempe. Il ne veut pas souffrir, et le paradoxe pourrait presque le faire sourire. Parce qu'il s'entaille les bras tous les jours, pour avoir moins mal dans sa tête parce qu'elle est partie, pour que la douleur physique prenne le pas sur la rage et la tristesse et la douleur qu'elle le soit. Morte. Ça fait un mois et elle le hante toujours, toutes les nuits, dès que la drogue n'a plus le dessus sur sa conscience. Un mois qu'il dort à peine, trop peu et mal, un mois qu'il s'empoisonne par des substances, un mois qu'il détruit son corps et dehors et dedans. Un mois que son corps s’amaigrit, que des cernes encerclent ses yeux, que des coupures balafrent ses bras et que les bleus des piqûres fleurissent. Son corps qui devient à l'image de son esprit, qui en devient le sombre, cruel et criant de vérité reflet. Luce souffre et il se tue, presque avec le sourire, et surtout avec une détermination sans faille. Butterflies right in the wall.

Il regarde Thésée sniffer sa poudre tandis que lui prépare son injection. Poudre, eau, citron. On mélange, on chauffe, on filtre. Les gestes lui sont devenus plus que familier. Un peu comme un rituel, il les répète en pilotage automatique. C'est vite prêt, il est devenu expert pour ça. Il tient la seringue, la fait rouler entre ses doigts. Il la contemple un instant. Ça paye pas de mine comme truc. C'est petit, c'est facilement cassable. Même le liquide qu'elle contient a l'air de rien comme ça. Et pourtant c'est la seule chose capable de l'apaiser depuis un mois. Il serre son garrot, trouve la veine. Il injecte tout d'un seul coup. Il sait que la prudence recommande qu'on injecte qu'une moitié pour vérifier que la came ne soit pas trop forte. Mais honnêtement, il s'en fout. Il n'a pas changé de dealer donc le risque est faible, et la mort par OD lui paraît plutôt douce comme ça. Surtout si elle vient sans qu'il ne s'y attende, comme une amie qu'on n'attendait pas avant le lendemain mais qu'on est ravi d'accueillir en avance. Bien sûr ce serait emmerdant pour Thésée de se retrouver avec un cadavre sur les bras. Ce serait des emmerdes en plus pour elle qui en a déjà eu assez. Mais elle ne sera pas inquiétée ce soir, le flash monte, pareil à d'habitude, toujours aussi délivrant, avec la sensation de chaleur habituelle. Visiblement, l'overdose n'est pas pour aujourd'hui.

Boîte de nuit. Il lui faut bien la drogue pour pouvoir supporter la foule et les bruits et les corps qui se compressent les uns contre les autres. Il est stone, et tout va bien, et sa sœur n'est pas morte, et la souffrance n'existe pas. Il ne pense pas une seconde que le réveil est toujours plus dur, peu lui importe. Là il est bien et c'est tout ce qui compte. Comment ils sont rentrés ? Est-ce que ça importe vraiment ? Thésée n'a pas l'air de se poser de questions, alors il ne s'en pose pas. En cet instant, ils se ressemblent. Ils sont libres, libérés par la drogue, ils sont jeunes, ils sont beaux. Et surtout, ils sont brisés. Des anges sombres réunis par la mort et la souffrance et le deuil. Sa tête à elle sur son épaule à lui.

"Tu me lâches pas, sinon, je tombe."

Elle rit. C'est un rire chimique, aussi chimique que celui du jeune homme qui lui fait écho. Mais c'est un rire. Il serre son bras autour d'elle. En cet instant unique, Hazaëlle ne compte plus, son passé ne compte plus. Seules compte Thésée et l'impression d'être heureux et serein.

"Promis. J'te lâcherai pas."

C'est probablement la seule chose censée qu'il dira ce soir. Parce qu'avec l'héroïne, les moments où il n'est pas vraiment là ont le dessus sur ses quelques moments de conscience. Et c'est exactement ce qu'il cherche.
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MessageSujet: Re: Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce Mer 19 Aoû - 2:05



Faut pas penser. Pas comme si je pensais des masses d'ailleurs. Faut pas penser ça va pas aider. Luce a un bras autour de moi et ça m'aide à pas tomber. Parce que je ne doute pas que si il me lâche je vais rapidement rencontrer le sol. Et c'est amusant. Je sais que y en a qui essaient de nous pousser l'un contre l'autre. Et je pourrais réagir. Je sais que y en a chez qui l'héro' donne envie de baiser tout ce qui bouge. Moi au contraire ça me rend complètement platonique, ce soir du moins. Je prends pleinement conscience du lien de parenté entre l'héroïne et de la morphine. Je suis anesthésiée complètement. Je suis enfin arrivée au sommet de la montagne russe et je suis plus du tout cohérente. La musique est comme assourdie et je me laisse porter par le rythme. Mes bras se nouent autour du cou de Luce et je bouge en rythme, les yeux fermés. J'ai même pas bu. Je sens ce chatouillement dans le creux des reins c'est amusant. Ça me donne envie de rire. Ce sera bien la seule fois où je rirais, jusqu'au prochain sniff, au prochain voyage.
Bain brûlant, grimace de douleur, coup de poing dans le miroir, éclats de verre dans la main, cicatrisation. Cauchemar, sueur, crise de panique et crampe d'estomac. Nausée, vomissements, se laver les dents, se laver les mains. Saigner des dents, saigner des mains. Trop frotter, trop vite trop fort, trop griffer, trop profond. Se rincer la bouche, se rincer les mains. Guérison. Éviter Donovan, éviter Alice, éviter les gens, tout le monde. Entendre parler de Nate, perdre le contrôle, s'enfoncer les griffes dans la main, s'enfoncer les crocs dans la lèvre, cacher les yeux sous la capuche. Se passer les mains sous l'eau froide, se passer la bouche sous l'eau froide, éviter le reflet dans le miroir. Refermer les blessures.
Quotidien désastreux, catastrophique, alarmant, notes qui tiennent difficilement le coup. Mais ça s'arrange, ça s'arrange toujours. Ça finit dans le sang. La poudre court. La poudre se mêle aux globules rouges. Bras qui te tiennent, main tendue, voix changée et amusée, rires, danse. Bleus à se cogner contre les autres, cicatrisation. Oubli momentané, joie artificielle, bonheur chimique. Douce addiction, pas penser au sevrage, pas penser au malheur. Penser que Luce est là qu'il ne te lâchera pas. Penser que tu captes pas un mot de ce que le mec qui essaie de te draguer te dit. Majeur levé, majeur levé au mec, à l'amour, à la vie. À cette chienne de vie qui fait de vous des anges déchus. Ailes qui brûlent à vue d'oeil, douce chaleur, picotements, grésillements. Ne plus mieux entendre, ne plus mieux sentir, ne plus savoir ce que ressentent les gens, ce qu'ils peuvent dire, ce qu'ils peuvent juger. Juste ce sentiment de plénitude. Comme une pleine lune parfaitement contrôlée, sans même un débordement. Comme un sub-space Je pense décousu et je pense penser philosophique. Parce que le temps d'un instant, le temps d'un voyage je me sens poète. Je me sens Platon, Aristote, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud. Je me sens reine, je me sens meilleure. Je me sens libre et prête à grimper sur les toits et à courir à poil si on me le proposait. Si Luce me regardait et me demandait si j'en suis capable, je hocherais la tête et le ferais. Je me sens prête à tout. Je me sens voler, loin, haut, je chante un peu aussi, au rythme de la musique, en choeur avec ces autres dont je ne fais que ressentir la masse. Ils ne sont qu'un tout. C'est ça qui est bien avec l'héro' par rapport aux champignons. L'héro' ça vous désinhibe et ça vous fait oublier tous vos problèmes. Les champignons ça vous donne des hallus. Et c'est pas toujours ce qu'on veut voir que l'on voit. Je pose mes lèvres recouvertes d'un pourpre sombre, sang séché, sur la pommette de Luce. Et je lui demande, en parlant fort mais sans réellement articuler, si il pourra me ramener chez Nate après. Naïve petite chose. À la mention du jeune homme, je sens ma Renarde sortir de sa léthargie, peu à peu. Et je sais que ça veut dire que les effets diminuent. Je ne vais même pas essayer de me soûler. C'est inutile. Ça ne marche pas, jamais. Mais même si elle s'éveille, ce n'est pas important, je suis invincible, je flotte au-dessus du sol, la belle Hélène coulant sans discontinuer dans mon sang, m'emooisonnant un peu plus chaque minute et jouant de ses illusions sur mon esprit désespéré marchant à l'horreur et au cauchelar depuis maintenant trop longtemps 

Et puis ça passe. Je me sens plus vulnérable, et je sais que ça va passer. J'attends un peu de le stabiliser. Ça tangue encore un peu. Ça tangue toujours. Je me libère de l'étreinte de Luce et je vais m'asseoir au bar. Ce serait carrément dangereux de reprendre la deuxième dose maintenant, pas si tôt, pas alors que je commence tout juste â descendre de mon petit nuage. Je commande un verre de rhum, parce que quitte à être assise au bar, autant faire marcher  l'industrie. Je croise les jambes. Bien sûr que mon mini-short, et mon bustier sont vulgaires. Bien sûr que y en a qui aimeraient toucher. Mais je ne les entends pas. Je sais qu'il n'y aura pas ce "froid dans les os", ces tremblements, dont me parle Luce lorsque je lui demande ce que ça fait d'être en manque, et ce que ça fait d'être accro. Mais il va y avoir ce besoin de dormir, ce poids sur mes épaules, ce besoin de pleurer sans s'arrêter. C'est dur. C'est trop dur à affronter. Je suis pas prête pour le monde adulte. Je veux pas grandir moi aussi. Je veux redevenir la petite fille qui jouait avec Cass, celle qui prenait une tête choquée quand quelqu'un disait un gros mot. Pas celle qui en ponctuait chacune de ses phrases. Le désespoir fait de pire ravages dans le langage que le syndrome de la Tourette. Le rhum me pique la gorge. Il est épicé et sucré à la fois.

Si j'avais été humaine j'aurais eu encore deux heures pour m'amuser et pour rire. Mais je suis une Renarde et ma condition me rattrape. Rire. Joie. Bonheur. Conneries dites sans y penser, danses langoureuses et lascives se terminant par des éclats d'un rire incontrôlé, d'un rire malade comme tes veines, malade comme ton coeur. Guérison. L'angoisse est toujours la première chose qui revient. Et si on me voyait ? Et si je perdais le contrôle, lâ ? Et si je massacrais tous ces gens ? Et si ? Et si ? Mon esprit se réveille peu à peu, éliminant toute trace de ce que j'ai pu lui envoyer, et reprend le fil de ses questionnements habituels. Je ne me sens pas très bien. J'ai du mal à tenir sur mes talons hauts. Je me tiens à Luce et je l'entraîne vers l'extérieur, et tant pis pour la midinette qu'il avait une chance de s'envoyer. Il aime pas les filles de toute manière. Vient ensuite la culpabilité. Un flash, comme pour une injection. Réalité dans ta sale gueule de camée. Elle est forte, elle est lourde et elle pèse de tout son poids sur tes frêles épaules. Elle me fait de courber en deux au dessus du caniveau et recracher tes tripes. Je tremble mais pas à cause du manque. À cause des larmes qui menacent de déborder. Alors je vire mes chaussures et je reste pieds nus sur le béton froid, le dos contre le mur, et mes mains tremblantes tentant tant bien que mal d'allumer cette pauvre clope.

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MessageSujet: Re: Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce Sam 22 Aoû - 22:53

Ils finissent collés pour de bon l'un à l'autre, poussés par la foule qui oppresse et qui compresse, mais ça ne fait rien. C'est Thésée, pas une greluche quelconque. Elle a ses bras autour de lui, il a ses bras autour d'elle, et ils dansent perdus dans la foule. Perdus dans la foule comme perdus dans leur monde, entourés de gens qui ne comprennent pas qui ne veulent pas comprendre. On est anonymes dans une foule. L'héroïne les emporte loin de la vie loin de la mort loin de la raison loin des pensées. Plus de passé, plus de futur, rien qu'un présent flou, un présent chimique. Ils dansent et Luce rit, lui qui n'aime ni danser ni rire dernièrement. Il a la tête vide la tête floue, il ne sait pas ce qu'il dit il ne comprend pas ce qu'il pense. Et c'est bien, c'est tellement bien. Plus de peur, plus de regrets, plus de cauchemars, plus la culpabilité qui ronge son cœur qui empoisonne son âme qui fait saigner ses bras. Sérénité absolue et corps qui bouge, enveloppe de chair qui danse alors que l'esprit est à peine là. L'esprit qui s'envole, loin et nulle part à la fois. Thésée qui pose ses lèvres sur sa joue, Thésée qui dit quelque chose, lui qui comprend pas, pas vraiment, qui répond pas, mais elle attend pas de réponse, ils ne vibrent plus au même niveau. Ils ne vibrent au niveau de personne dans cette salle, chacun des deux à sa fréquence personnelle où il se perd où il se noie alors que leurs corps dansent ensemble. Ils dansent, il danse, il vide son corps de son trop (peu) plein d'énergie, peut-être assez, oui, peut-être assez pour qu'il puisse dormir après, au moins un peu, peut-être qu'il sera tellement fatigué qu'aucun fantôme aux traits familiers ne viendra le hanter et le réveiller par des sanglots et par des reproches, peut-être qu'il ne sera pas obligé de lever une lame une fois encore d'une main tremblante pour entailler la chair de l'enfant mauvais aux pouvoirs du démon, l'enfant maudit qu'il est, peut-être qu'il n'aura pas à ravaler les larmes acides qui menaceront de déborder et les sanglots qui déchirent la poitrine et qui menaceront de l'étouffer. Peut-être, peut-être. Mais il ne pense pas à ça, parce que les substances artificielles sont plus fortes que son cerveau humain, il est noyé charmé par elles.

Il a à peine conscience que Thésée le lâche, il sait que la drogue fait effet moins longtemps sur elle et que tout va bientôt la rattraper, il sait, mais il ne s'inquiète pas, il ne pense pas, il ne pense rien, il enroule ses bras autour de la taille d'une fille qui a remplacé Thésée aussitôt celle-ci partie, pas avec les mêmes intentions. Il sait comment ça pourrait finir ce soir avec cette fille, il sait mais il ne pense pas alors que le corps de la fille -blonde, blonde, jolie blonde, loin des cheveux foncés d'Hazaëlle ou même de Thésée- se colle au sien alors qu'il lève une main pour caresser son visage en souriant de son sourire chimique. Elle l'embrasse un peu, beaucoup, un peu. Il l'embrasse un peu, beaucoup, un peu. Et il danse avec elle d'une étrange danse lascive de séduction entre un mec drogué et une fille alcoolisée. Peu leur importe à tous les deux. Chacun sa fréquence, chacun essaye de profiter un peu de sa vie. Même si elle ne craint pas grand chose au réveil, peut-être un mal de crâne. Lui, c'est la souffrance et les remords qui l'attendent, et ça a beau faire un mois que ça le ronge, il n'est toujours pas habitué. On peut s'habituer à souffrir Z'ëlle tu crois ?

Le jeu continue avec la fille dont il ne connaît même pas le prénom quand des mains s'accrochent à lui, le tirent dehors. Il se laisse faire, il est redescendu, un peu, il reconnaît Thésée. Il la suit, muet, encore un peu loin dans sa tête. Il la regarde vomir et il sait, oh, il sait très bien que ce n'est pas un effet secondaire de la drogue, ça pourrait mais pas chez elle, il sait faire la différence entre les effets des produits et les effets du mal-être parce qu'il connaît les deux. Elle enlève ses chaussures, elle s'assoit, elle tremble, Luce, elle tremble et là aussi il fait la différence avec les symptômes du manque, et c'est une renarde, elle ne souffre pas de ça. Elle essaye d'allumer sa cigarette, elle peine, elle lutte. Lui il est bien, mais plus assez stone pour pas voir qu'elle est mal. Et même encore embrumé par la drogue, il n'aime pas quand Thésée a mal. Elle a déjà assez souffert cette fille-là, autant que lui, plus sûrement. Il peut pas faire grand chose il le sait bien, mais il peut faire un peu, il fera un peu, au moins un peu, parce que cette fille qui se drogue avec lui, il a fini par s'y attacher. Sans doute que c'est con, sans doute qu'on finira par la lui enlever comme on a pris Hazaëlle, mais il ne pense pas et il ne faut pas penser. Il s'accroupit, lui prend la cigarette des mains, l'allume soigneusement avec le briquet de la jeune fille -pas avec ses flammes à lui, les flammes qu'il génère, jamais avec ses flammes- et la lui tend. Il regarde son visage dévasté, ses grands yeux qui retiennent des larmes et toute la peine du monde. Il repousse une mèche derrière l'oreille de Thésée -geste cliché de films romantiques, mais ils sont pas dans un film, encore moins romantique, et la mèche n'était décidément pas à sa place-, s'assoit dos au mur à coté d'elle. Il prend la main qui ne tient pas la clope, il attire la tête de la renarde sur son épaule et pose sa propre tête dessus. Et il caresse la main du pouce, gentiment, sans rien dire, parce que parler c'est pas son truc et qu'il n'est pas sûr qu'elle ai envie de l'entendre. Il tient juste sa main doucement. Silence. Silence qui comprend, silence qui ne dit rien, silence qui voudrait apaiser. Juste ça. Silence.
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MessageSujet: Re: Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce Dim 23 Aoû - 13:31

Elles tournent dans ma tête, en continu ces voix. Ces voix qui me rappellent à quel point je suis coupable. A quel point c'est de ma faute, tout ça. Elles tournent, tournent, tournent en permanence. J'aimerais... J'aimerais pouvoir les prendre pour les sortir de ma tête. Mais ce ne sont pas des voix. Ce sont des pensées. Et quelque part c'est encore pire. J'aurais préféré avoir cette excuse que je deviens folle, mais ce n'est même pas le cas. Je suis coupable. Je suis juste coupable et cette culpabilité me serre la gorge et me noue l'estomac. Luce se tient devant moi. Il m'enlève la cigarette des lèvres, l'allume avec mon briquet et me la rend. Je fume doucement, empoisonne mes poumons. Et puis je regarde la flamme consumer le papier blanc, et les cendres tomber peu à peu. Les pensées ne s'arrêtent pas de tourner, ce serait comme un valse en accéléré. Je suis coupable d'un meurtre. Je devrais mourir à mon tour. Les larmes menacent de déborder, emportant dans leur sillon des traces de ce maquillage trop noir, trop prononcé. Je sens que Luce me tient contre lui. Il ne dit rien. Mais son pouce sur cette main qui ne tient pas la cigarette veut tout dire. Il comprend. Il sait. Il sait ce que je ressens. Et lui, il pourrait me le dire, je saurais que ce ne sont pas des mots en l'air, histoire de me donner une impression. Il comprend réellement. Je pose tous mes doigts sur le filtre, jaune orangé, tacheté d'une nuance plus sombre. Je soulève mon index et vient le poser sur la braise rouge. Ça fait mal. Bien sûr, que ça fait mal. Je savais à quoi m'attendre. Mais j'accueille la douleur comme on accueille une vieille amie. Elle est là. Il faut qu'elle prenne le pas sur le reste, le temps que la drogue disparaisse pleinement. Je ne veux pas risquer une overdose, là, comme une idiote, sur les pavés, devant la boîte. La douleur vient, la douleur reste. La douleur part. Cicatrisation. A quoi peuvent donc bien servir mes pouvoirs s'ils ne servent qu'à tuer et que la guérison ne guérit pas le cœur et l'esprit. Je me sens enfermée dans un corps, enfermée dans ce corps qui ne m'appartient plus et qui se contente de répondre aux stimulus. Je laisse les larmes couler.
C'est inutile. Inutile de lutter. Inutile de continuer de faire tout ça. Inutile de vivre, peut-être aussi, quand tout nous semble dérisoire. Quand plus rien ne semble avoir d'importance, quand tout vous replonge dans cette culpabilité qui vous déchire complètement de l'intérieur. Cette culpabilité qui vous donne l'impression que vous êtes sur le point de vous scinder en deux, que vous attendez ce moment où la douleur ne sera plus que la seule chose que vous connaîtrez, jusqu'à ce qu'elle s'atténue et qu'elle disparaisse. Cette disparition de la douleur entraîne la disparition de tout sentiment, de toute émotion. Mais parfois c'est la seule chose que vous voulez. Ça ou des bras chauds dans lesquels vous pourrez pleurer sans être jugée. Sans qu'on vous regarde avec pitié, ou avec dégoût. Alors je cache mon visage dans le tee-shirt de Luce, que je tache de mes larmes noires, comme si j'avais été empoisonnée à l'aconit. Ce que j'aimerais ça, au final. Qu'un Chasseur comprenne, remonte jusqu'à moi et me tire une balle unique, là, un peu au-dessus des sourcils, dans ce petit creux, semblable à un ruisseau, ou Nate aimait bien m'embrasser. Souffrir de l'aconit, souffrir une dernière fois, juste une dernière,avant de tomber sur le sol, du sang s'écoulant de la plaie. Je hoquette à cause des sanglots qui secouent mon corps, mais je continue de fumer. Quand j'écrase la cigarette, il ne reste plus que le filtre. C'est mauvais. Mais peu importe. Peu importe.

Je l'ai tué. Je l'ai tué. J'ai planté mes griffes dans sa gorge et j'y ai dessiné quatre sillons de sang, de ce liquide vermeil. Et quelque part, j'ai aimé ça. J'ai aimé la sensation de puissance, de droit de vie et de mort sur chacun. Et l'espace d'un instant, j'avais l'impression d'avoir guéri la blessure que la rupture avait créé dans mon cœur. Je suis un monstre. Et je l'ai toujours été. Et ça ne changera jamais. Une fille du Diable, entre les bras d'un fils du Diable, qui mêlent leurs larmes.
Je ne veux plus entendre ces pensées. Si je n'avais pas déjà vidé mon estomac, je le ferais à l'instant même. Ça fait mal. Ça fait mal et je ne sais pas endurer la douleur. Je suis faible et je l'ai toujours été. Je n'ai jamais assumé d'être une Renarde, je n'ai jamais assumé que j'avais besoin des autres. Je n'ai jamais assumé que j'avais mal de la lettre que mes parents m'avaient envoyé pour mes quinze ans. Je n'ai jamais rien assumé. J'ai envie de hurler. J'ai envie de hurler pour me débarrasser de tous mes démons. Mais plus je me débats et plus ils m'ensevelissent. Je voudrais.... Je voudrais me déchirer les mains, les bras, le visage, ce visage qu'Il aimait tant. Griffer chaque partie de mon corps, tant et si bien que je ne pourrais même plus guérir. Je ne veux plus guérir. Je ne sais même pas si je veux vivre. Parfois, je me dis que non. Et puis je vois Luce et je me dis que je ne peux pas le laisser seul. Je ne peux pas l'abandonner dans ce sombre désespoir, que je ne peux pas plonger dans cette douteuse éternité. Je glisse ma main dans mon soutien-gorge. Ça pourrait être mal vu, ça le sera si certainement. Mais ça ne m'importe plus. Ce que l'on peut dire de moi ne peut pas être pire que ce que je peux moi-même penser. Parce que personne ne ait. Parce qu'ils n'ont pas conscience de ma lâcheté. De mon absence totale de courage. Je sors la poudre empaquetée dans le petit sachet, discrètement et je la glisse dans la poche de Luce. Je n'en veux pas. Parce que si je la prends, je ferais en sorte que je ne puisse plus jamais en prendre. Le désespoir est bien trop présent, bien trop ancré. J'ai bien trop envie de me découper lentement en morceaux. Je veux souffrir comme il a pu souffrir. Je veux m'arracher le cœur pour le lacérer, pour que cette fois, il aie une véritable raison de me lancer autant. De me faire si mal, chaque fois que je me lève, chaque fois que je sdors. Chaque fois que je vais au lycée, chaque fois que je croise le regard des autres. Ces regards empreints de piié pour un monstre, pour cette personne qui a tué leur ami. Ils pensent savoir. Ils pensent penser que je pleure chaque fois, enfermée dans les toilettes parce qu'il m'a fait mal et puis parce que je m'en veux de lui en avoir voulu pour qu'il meure le soir même. Ils ne savent pas. Ils ne comprennent pas. Ils mentent chaque fois qu'ils prononcent ces quelques mots. Non. Ils ne savent pas. Ils ne comprennent pas. Non. Ça n'ira pas mieux. Ça n'ira pas mieux tant que je ne saurais pas que justice a été rendue. Non. On ne retrouvera jamais celui qui a fait ça. Parce que vous cherchez quelqu'un à mille kilomètres une personne qui est entre vos bras. Non. Je ne peux pas juste laisser passer. Non. Je ne peux pas leur en parler. Non. Je ne peux pas leur confiance. Non. Ils ne le garderont pas pour eux. Non. Je ne vais pas retrouver le sommeil, parce que je l'ai déjà, parce qu'il est dur, parce que dormir c'est pire, parce que je préfère encore rester éveillée à fixer ce plafond imparfait, plein de fissures, plein de défauts de peintures, ces murs blancs que la famille n'a même pas pris la peine de peindre. Parce que je ne resterais pas. Je ne reste jamais. Je viens et je pars. Comme la douleur, comme les blessures physiques, comme la pleine lune. Cette lune qui fait mal, cette lune maudite qui approche et qui m'éloigne un peu plus de celle qui a été marquée par le sang.
Mes ongles longs, trop longs se plantent dans mes paumes. Mes dents humaines et pourtant pas moins aiguisées et dangereuses se plantent dans ma lèvre. Je ne pleure plus. Je ne veux plus pleurer. Je m'étais promis de ne plus jamais pleurer. Plus jamais. Le goût du sang, arrive, rapidement. Mais je le connais. Si souvent. Il vient si souvent. Chaque jours, quand je croise la pitié à chaque couloir. J'ai beau me maquiller, les regards parlent. C'est quelque chose que j'ai appris à remarquer. Ceux qui ne peuvent pas sentir littéralement les émotions, ils les voient dans les yeux. Les yeux ne mentent pas, jamais. Le visage ment, le cœur peut mentir lorsqu'on écoute les battements de son cœur, certaines personnes arrivent à si bien le maîtriser que lorsqu'ils mentent, l'altération est à peine audible.
Je respire à pleins poumons l'odeur de Luce. Cette odeur si marquée par l'héroïne ; cette odeur de poudre, parce qu'il y en a toujours un peu qui vous tombe dessus. Cette légère odeur de citron également. Et cette odeur de souffrance, là, toujours là, qui ne vous quitte jamais, parce que la souffrance et le désespoir, ça vous colle à la peau, ça vous ralentit jusqu'à vous arrêter, et puis ça vous enlise. Et c'est là qu'après avoir lutté vous paniquez. Mais ça c'est pour les courageux. On est pas courageux, nous. On est deux anges déchus, qui, à peine après avoir approché la chute, ont perdu tout espoir et se sont jetés. On est des démons. On est là pour détruire. On détruit tout ce qu'on touche. On est pas capables de toucher au Paradis, c'est dans notre nature. Alors. Alors. Alors on se complaît dans cet Empire de vent, de flammes et de souffrance, où l'héroïne fait de nous de véritables souverains.

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MessageSujet: Re: Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce Mer 26 Aoû - 1:20

Il devine la silhouette de la jeune fille, au coin de ses yeux, et il sait. Il sait ce qu'elle pense, il sait que les pensées l'envahissent, noires, noires, et qu'elles cherchent à l'étouffer, à s'insinuer partout dans son esprit, effroyables de justesse et de méchanceté. Il sait qu'elle s'enfonce dedans, qu'elle se laisse submerger par la marée de tristesse et de culpabilité, qu'elle se perd dedans et il sait qu'elle se laisse noyer. Presque volontairement. Elle est comme lui, elle pense qu'elle mérite de souffrir. Et si il estime que c'est vrai pour lui, il ne pense pas qu'elle, elle soit coupable. Elle lui a expliqué la puissance de la lune, la bestialité, tant de choses que lui ne vivra jamais parce que ses pouvoirs lui ont laissé un corps fragile d'humain, sans guérison certes, mais aussi sans dépendance à l'astre lunaire. Et il a décidé, il sait, que ce n'était pas sa faute si il est mort, mais il ne le lui dira pas. Elle ne changera pas d'avis sur elle-même et sur sa culpabilité juste comme ça, il le sait très bien. Parce que lui, à sa place, si on lui disait qu'il n'avait en aucun cas causé la mort de sa sœur, il sourirait un peu ironiquement, d'un sourire forcé, sans rien dire mais en pensant que c'est faux. Il ne peut pas faire grand-chose pour lui faire penser le contraire parce qu'il a conscience que ce doit être ancré en elle, parce qu'elle se l'est répété et qu'elle la gravé dans son cœur. Pour l'instant il est là, et elle pleure dans ses bras, le nez dans son t-shirt, et il se doute que ça représente déjà beaucoup. Elle pleure et elle fume. En un sens, elle évacue. Elle n'oublie pas, non, bien sûr que non, on n'oublie jamais et on ne peut jamais faire disparaître la douleur, mais elle évacue un peu du trop plein de cette peine-là. Il passe sa main dans son dos, lentement, doucement, toujours sans rien dire, un geste de réconfort peut-être plus utile que toutes les paroles du monde. Pour l'instant, elle n'a pas besoin qu'il parle, il ne parlera pas. Il ne souffre pas lui, pas encore, pas encore, profite du répit. Il a peut-être encore deux heures avant que les fantômes du passé ne reviennent lui sourire. Ou pleurer ou lui reprocher sa vie inutile d'enfant mauvais. Sûrement plutôt ça. Quoique il n'est pas sûr de ce qui ferait le plus mal. Les reproches il s'en crève assez les oreilles à force de se les répéter lui-même, il se maudit assez, il s'accuse assez. Un sourire, un sourire ça te rappelle ce que t'as brisé et que t'as perdu.

Il sent qu'elle glisse quelque chose dans sa poche. Il ne dit rien, il ne bouge pas, on pourrait penser qu'il n'a rien senti. Il est assez perspicace pour savoir ce que c'est, assez pour savoir ce que ça veut dire. Tu peux pas penser à la mort, Thésée. Si même toi tu t'en vas, je fais quoi ? Il ne le dit pas. Il ne le dit pas parce que ce serait l’hôpital qui se moque de la charité. Parce qu'un peu plus de courage, un tout petit peu plus de courage dans son corps et son cœur de démon, et il achète deux ou trois doses au lieu d'une et il prend les deux ou trois doses d'un coup au lieu d'une. Mais il en manque, de courage. Elle elle en a assez. Mais elle ne le fera pas. Pour lui, pour ne pas le laisser seul, entre autres. T'es pas un monstre malgré ce que t'as l'air de croire. Si j'avais assez de courage et si la seule barrière c'était toi … je crois que je le ferais quand même, tu sais. Il la sent bouger, se raidir, et l'odeur métallique monte jusqu'à lui. Elle se fait mal, et il en ressent presque des picotements fantômes dans ses cicatrices qui lui rappellent que bientôt, il aura besoin de recommencer. Elle se mord, elle s'enfonce les ongles dans la paume, oui, il peut comprendre. La douleur pour se punir, la douleur pour oublier la douleur. Il connaît. Il la sent souffrir, il la sent respirer. Il la sent vivre contre lui et pour l'instant c'est sûrement le plus important.

Il se redresse, finalement. Il se dégage doucement de son étreinte, pas pour la laisser, non, il ne la laissera pas. Il s'accroupit de nouveau devant elle, la scrute un instant. Il essuie un peu du sang qui a coulé de ses lèvres du bout de son pouce. Il est presque navré qu'elle se soit fait mal, même si il sait à quel point on peut parfois avoir besoin de cette souffrance là, et il ne le lui reprochera jamais. Il lui sourit un peu, sourire triste qui comprend. Il la soulève dans ses bras, comme on porterait une princesse, s'aidant de sa magie de l'air -quitte à avoir des pouvoirs du diable, autant s'en servir. Sauf pour l'élément maudit- pour la soutenir et le soutenir avec, parce que son corps usé et affaibli par l'héro ne serait même pas capable de porter un enfant de six ans plus de quelques minutes. Il la tient contre lui, il souffle un tout petit "Tu dors chez moi." dans son cou, pas spécialement autoritaire, mais elle doit savoir qu'il ne la laissera pas protester. Et il se met en marche en direction de son appart moisi. Il ne la laissera pas seule ce soir, mais ils ne vont pas attendre qu'elle se calme dans ces ruelles mal famées. Il commence à être vraiment tard, ils sont à proximité d'une boîte de nuit, la probabilité que des embrouilles éclatent est trop forte pour que les deux écorchés qu'ils sont restent là. Il serre dans ses bras son corps de gamine vulnérable. Il la ramène chez lui. Ils forment un drôle de convoi, une marche de deux avec un seul qui marche. Et rien dans cette marche-là n'indique la souffrance qui ronge leur deux cœurs.

Il pousse la porte de l'appartement, il pose doucement son fardeau dans son canapé, relâche la pression de sa magie. Il attrape un plaid qui traînait sur le canapé, le pose sur les épaules de Thésée, même si elle ne connaîtra pas le froid du manque. "Je reviens." Il le signale pour qu'elle ne pense pas qu'il l'abandonne, au cas où elle pourrait le penser. Il va dans sa mini-cuisine, fait chauffer du lait. Deux tasses, du chocolat en poudre, et il revient, attrapant des mouchoirs. Il s'assoit à coté d'elle, pose la boite de mouchoirs sur la table basse, lui tend une tasse. Il ne sait pas si ça l'aidera, il ne sait pas si ce qu'il fait sert à quelque chose. Mais il le fait pour ne pas se sentir totalement inutile. Et parce que les grands yeux de la jeune fille, noyés de toute la douleur du monde, lui sont presque intolérables. Ça et les traînées noires de son maquillage, maquillage qui a aussi dû imbiber son t-shirt à lui, ça et les reflets couleur écarlate sur ses lèvres et sur ses paumes. Ça a déjà dû guérir, mais le sang est toujours là. Les mouchoirs sont là, mais chaque chose en son temps. D'abord qu'elle aille un peu mieux, après le reste.
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MessageSujet: Re: Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce Mer 26 Aoû - 18:16

Il me prend dans ses bras, comme ça, sans rien dire, à part ces quelques petits mots. Je dors chez lui. Je ne me sens pas vraiment la force de dire non et je sais que je ne suis pas en état d'aller jusque chez moi, pas à pieds, pas comme ça. Et je suis encore moins en état de prendre une voiture. Il est tard. Je dirais que je suis allée chez une amie au pire. Si les parents de ma famille d'accueil se sont rendus compte de quelque chose d'ailleurs. Je me demande comment il fait pour me porter. Pas que je nie la présence de muscles, mais je sais que la drogue affaiblit le corps plus qu'elle ne le laisse paraître. Il utilise peut-être sa magie, je n'en sais strictement rien. Je me sens juste vide. Pas vide positif. Non, sombrement vide. Et je ne sais pas si, au fond, ce n'est pas pire que pleurer et se faire mal. J'ai encore le goût du sang dans ma bouche et je sens les tissus se refermer, mes mains comme mes lèvres. Il entre dans son appartement si peu meublé. Il me pose sur le canapé et pose un plaid sur mes épaules. Il va vers la cuisine et je l'entends faire quelque chose. Je n'essaie même pas de voir. Je plante juste mon regard dans le mur en face de moi. Et j'attends. J'attends simplement que les pensées s'en aillent. Je les entends toutes et je ne cherche même plus à lutter. Je me suis laissée submerger. Je n'ai plus de contrôle sur rien, et je ne cherche même plus à le reprendre. J'attends que les éléments se calment. Je laisse les souvenirs me bouffer de l'intérieur. Tous ces moments joyeux avec Nate, quand il me courait après dans tout le collège, pour m'embrasser sur la tempe en me disant que je devais avoir des pouvoirs surnaturels pour courir aussi vite. Et moi je rigolais en lui disant que c'était mon identité secrète et qu'il ne devait le dire à personne. Ces journées où je pouvais rire pendant des heures sans m'arrêter, rire de mes pouvoirs, même si j'étais la seule à tout comprendre, comprendre chacun des sous-entendus dans mes phrases. Je reste dans le plaid, comme s'il était mon bouclier contre la réalité, comme si c'était les limites de mon esprit. Et je ne veux pas sortir de mon esprit.
Je me vois dans le reflet du miroir. Je vois les traînées de maquillage noir sur mes joues. Je vois le sang sur mes lèvres -encore-. Je vois mes yeux rouges et gonflés. Et je sens la colère enfler peu à peu. Je suis pathétique. Je ne suis qu'un pathétique cliché trash et je ne vaux pas mieux que ça. Luce arrive et pose une tasse de chocolat fumante sur la table basse juste en face de moi. Et des mouchoirs. Alors je prends les mouchoirs en premier lieu. Et je frotte violemment mes yeux, mes joues et mes lèvres. La peau prend une teinte rouge sous la dure friction que je lui impose. Ça pique. Mais je n'en fais rien. Je veux faire disparaître tout ça. Je veux arrêter de ressembler à ces pauvres filles dépressives qui font pitié, comme on peut en voir dans les séries. Je ne veux plus être ça. Et pourtant.

Et pourtant je ne peux pas faire autrement parce que c'est comme ça que je suis, parce que c'est comme ça que je vis et que ce serait trop dur de combattre la peine, de combattre la douleur permanente. C'est plus facile de se noircir les yeux, de se droguer, de danser, puis de les emplir de larmes pour se démaquiller. Je jette le kleenex sur la table et j'expire bruyamment. Les accès de colère sont de plus en plus fréquents et bien souvent retournés contre moi. Dans ce même miroir je vois que mes iris ont pris une teinte ambrée. Ma Renarde est là. Elle est là à la moindre étincelle de colère. Et elle rugit en moi. Je prends la tasse de chocolat entre les mains et je la laisse me brûler les doigts. Je pose l'arête de mon nez contre la céramique brûlante et j'inspire le parfum qui s'en dégage, un peu plus haut. Puis je bois doucement la boisson. Ce n'est pas extraordinaire mais ça me fait toujours autant de bien. La température me donne l'impression de me calciner de l'intérieur et ainsi de me purifier. Comme on « purifiait » les sorcières par le feu au Moyen-Âge. Je lève les yeux vers Luce.
« Pourquoi tu fais ça ? »
Mon ton n'est ni dur ni doux, il est juste neutre. Ma voix est légèrement changée par ma Renarde, parce que je suis toujours aussi révoltée contre la loque que je suis. Sac à geindre. Une espèce de coquille vide bonne uniquement à pleurer et à s'apitoyer sur son sort. La colère revient et je reprends une gorgée de chocolat. Je sais que Luce ne fait pas ça par pitié. Je ne sens pas cette odeur sur lui. Mais alors pourquoi m'aider ? Pourquoi s'occuper de moi alors que je ne serais rien d'autre qu'un poids mort dans sa vie ? Pourquoi essayer d'être gentil avec moi ? Je n'en vaux pas la peine. Pourquoi être gentil et conciliant avec un criminel ? Je ne comprends pas. Il échappe à ma logique en tout cas.

J'attends sa réponse. Pourquoi ? Et qu'il ne me dise pas que c'est parce qu'il n m'aime bien. Comment peut-on dire une chose pareille alors que moi-même je me déteste ? Comment peut-on bien aimer quelqu'un qui a tué son propre petit-ami simplement parce qu'elle ne maîtrisait plus sa colère ? Et puis même. L'amitié est une question de confiance. Comment peut-on faire confiance à quelqu'un qui ne se contrôle pas ? A quelqu'un qui pourrait vous tuer si il ou elle vous croisait à la pleine lune. Je lui interdis de me dire que ce n'est pas de ma faute. Ce n'est pas quelqu'un d'autre qui a planté ses griffes dans la gorge de Nate, ce n'est pas quelqu'un d'autre qui n'a pas essayé de le sauver. Non. Il est là, par terre sur le sol. Il me regard et ne bouge pas. Le sang s'écoule le long de la plaie tandis que ses yeux se font de plus en plus absents. Je peux entendre Donovan s'éloigner en courant et en hurlant. Je peux l'entendre paniquer d'ici. Le cœur de Nate, lui, ,se fait de plus en plus faible, jusqu'à ce que je ne l'entende plus. Je ne suis pas penchée au-dessus de lui comme dans les films, je suis cachée dans les fourrés, un peu plus loin. Mais je ne pouvais pas partir comme ça ; sans le regarder une dernière fois. Il est bien mort, maintenant, c'est sûr. Il n'y a aucun doute. Et c'est moi qui l'ai tué. Simplement parce que j'étais triste et parce qu'il avait dit quelque chose sur moi et que la tristesse s'était muée en colère sous l'effet de la lune. Simplement parce que je suis un enfant du Diable. L'une des mes nombreuses mères avait eu raison. C'était ainsi fait, j'étais la fille du Démon et je l'avais toujours été.

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MessageSujet: Re: Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce Sam 29 Aoû - 12:23

Il est assis dans le canapé, sa propre tasse serrée entre ses doigts. Il se moque qu'elle soit trop chaude pour la tenir comme ça, si le feu ne le brûle pas, il ne voit pas pourquoi un peu de lait chaud le ferait. Il la regarde se frotter le visage avec une violence à peine contenue, à l'aide des mouchoirs. Il la regarde faire sans esquisser un seul geste, laissant son visage se colorer lentement de rouge en de débarassant des sillons noirs de maquillage. Pas un rouge de gêne, d'émotion, ou à force d'avoir trop rigolé, non, c'est un rouge irrité par le raclement du tissu sur la peau de son visage. Elle repose le tout presque avec colère, et il entend un souffle exaspéré s'échapper de ses lèvres alors que ses yeux virent lentement à l'ambre. Elle ne contrôle pas vraiment son animal de ce point de vue, mais il n'y peut rien. Et très honnêtement, il se moque qu'elle ne puisse pas empêcher ses yeux de changer de couleur, ce n'est pas comme si elle se transformait soudainement en animal en essayant de le bouffer. Une autre chose face à laquelle il est impuissant mais qui l'embête un peu plus, c'est la colère qu'elle semble éprouver contre elle-même et dont il devine aisément les motifs. Il la regarde empoigner à pleines mains la tasse qu'il sait brûlante. Cherche-t-elle à se punir ou à se calmer en s'infligeant cette petite douleur-là ? Pas de réponses pour lui à cette question. Elle boit un peu et elle relève des yeux ambrés pour les planter dans ceux de Luce.

"Pourquoi tu fais ça ?"

Sa voix est neutre, même si elle sonne un peu étrange aux oreilles du jeune homme, prorablement à cause de son coté garou et de la haine qu'elle se porte en cet instant encore plus que d'habitude. Il ne peut pas déterminer si c'est l'animal ou si c'est la colère et les sanglots d'il y a quelques instants qui altèrent sa voix. Il ferme les yeux, laisse sa tête s'appuyer lentement contre le dossier et les coussins du canapé. Il savait qu'elle allait poser la question, mais il est quand même désemparé. Il ne sait pas quoi lui répondre. Les mots et le sentiments, ça a jamais été son truc. Parler pour se moquer oui, parler pour ironiser, oui, parler pour rien des fois, oui. Mais expliquer ce qu'il se passe dans sa tête ? C'est rare. Peut-être simplement parce qu'exprimer ce genre de vérités à voix haute le font se sentir vulnérable et qu'il n'aime pas ça. Ou qu'il en a la trouille, allez savoir vu que même ça, il le garde pour lui. Il maintient ses yeux clos pour ne pas la regarder, pour que le vague courage que lui donne les restes de son injection passée ne s'estompe pas. Il garde les yeux fermés, et quelques petits mots sont soufflés, presque comme si ils s'étaient échappés d'entre ses lèvres.

"Parce que je l'aurais fait pour Hazaëlle."

Il n'en dira pas plus, il ne peut pas en dire plus, alors si elle veut tout savoir il va falloir qu'elle comprenne le reste toute seule. Il ne veut pas dire qu'elle remplace sa sœur pour lui, personne ne remplacera jamais cette fille-là dans son cœur parce que même morte, son ombre et son souvenir enveloppe le cœur du camé. Mais avec Thésée ... Si elle était encore là, dans un autre monde où leurs souffrances à tous les deux n'existeraient pas, ils auraient pu, les deux Blackburn et la miss Ryans, former un trio presque fraternel. Alors Thésée n'est pas Hazaëlle, c'est vrai. Mais il en est venu, entre une injection et quelques sniff, il en est venu à l'aimer comme une autre sœur. Il ne peut pas le lui dire, parce que c'est presque absurde de s'attacher une fille qu'on n'a connue que détruite par son histoire. Mais cette fille-là, cet ange que la vie a empêché de s'envoler qui se prend pour un monstre, cette fille qui se hait si fort, elle lui a parlé, elle lui a sourit, et finalement elle s'est mise à avoir sa place dans l'existence déchirée de l'enfant mauvais, du démon tatoué. Ça ne vaut sans doute pas grand chose l'amour d'un gamin du diable, mais c'est ainsi. Il aurait sans doute mieux valu qu'elle n'existe pas cette affection, parce que la dernière et la seule qu'il ai vraiment aimé, elle est morte par sa faute d'égoïste gamin capricieux. Il le sait pourtant que ça fera mal si ça arrive encore. Il le sait, mais il ne peut pas l'effacer, pas maintenant, plus maintenant. Il peut faire comme si de rien n'était, il peut ne rien dire et se contenter de sous-entendus et de non-dits, mais il ne pourra jamais effacer la vérité. Il ne la regarde toujours pas. On pourrait croire qu'il dort, le visage détendu qui lui donne cet air mensonger de gamin angélique. I'm a nightmare dressed like a daydream. On pourrait le croire si ce n'est qu'il tient sa tasse un peu trop fermement pour un endormi, et si ce n'est que son esprit commence lentement à perdre sa chimique euphorie et à voir doucement se profiler le fantôme de ses remords. Mais ça elle ne peut pas le savoir, parce qu'il n'est pas encore arrivé à son mal-être habituel et que si elle peut sentir ses émotions, elle ne peut pas lire ses réflexions dans son esprit.
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MessageSujet: Re: Ecorchés | Boîte de nuit | -16 | Luce Dim 13 Sep - 20:30

Il l'aurait fait pour sa sœur. Il l'aurait fait pour Elle. Mais je ne suis pas elle. Je ne veux pas qu'il cherche à la remplacer, je ne veux pas remplacer quelqu'un qui lui est si précieux. Parce que je ne le mérite pas. Parce que je finirais par lui faire du mal. Mais le chocolat chaud m'interdit de répondre. Parce qu'il me brûle la langue et que je m'interdis de guérir automatiquement. Parce que je ne veux pas. Ça je le mérite. La douleur, la peine, le chagrin. Parce que je suis un monstre. Parce que je suis née comme ça et que je ne devrais même pas exister. Je me mords la lèvre. Je ne mérite pas qu'il me considère comme ça. Comme sa sœur. Il n'y pense pas. Il est juste trop triste et trop défoncé. Je pose ma tasse sur la table basse. Je garde le plaid avec moi. Autour de moi. Mon bouclier. Y a encore toute cette colère contre moi. Parce que je suis d'un pathétisme sans nom. Parce que je suis tout juste bonne à être un perso de ces séries nulles pour ados dépressives. Cette fille qui se drogue pour tenter d'oublier sa colère, son chagrin, et toutes ces choses qui la rongent. Cette fille qui ne veut pas qu'on l'aide, qui ne veut pas qu'on ma comprenne. Et pourtant, elle est ravie intérieurement que quelqu'un parvienne à la décoder, chaque fois qu'on lui tend la main. Tu es chaque chose que tu détestes. Tu es détestable. Stupide petite voix avec mes intonations, stupide voix, stupide moi. Je veux tout casser. Je veux devenir un animal et m'enfuir loin, dans la forêt. Je veux devenir cet animal que je suis au fond de moi et que je refoule toujours un peu plus, un peu plus loin. Je sais que je fois me laisser noyer dans le quotidien pour essayer de ne pas lutter, pour laisser les gens me rouler dessus, les pneus écraser toute forme de résistance en moi. J'en ai marre de chercher à garder de l'espoir des rêves, des cauchemars. J'en ai marre de dormir, j'en ai marre de devoir affronter la vie chaque fois que je mets un pas devant l'autre. Je sais qu'il n'y a qu'une seule réponse à ce désir. Et je sais laquelle elle est. Je ne peux pas faire ça à Luce mais je le ferais. Je suis un monstre égoïste pas vrai ? Je suis une saloperie qui détruit les autres. Je suis quelque chose. Je ne suis plus quelqu'un. J'ai abandonné l'idée de pouvoir être quelqu'un. De toute façon je ne le mérite pas. Je mérite juste la souffrance, mais même ça, je ne suis pas capable de l'accepter. Je reste debout. Avec mon bouclier. Mon bouclier conte le monde, contre tout. Contre tout ce qui est en dehors. Parce que je ne veux pas voir de la pitié, même pas la compassion. Je ne veux pas que Luce me regarde avec son air trouble mais majoritairement triste. Parce qu'il comprend. Je veux le sauver. Je veux prendre sa douleur. Je veux lui prendre sa tristesse. Je veux m'en accabler. Quitte à en crever. De toute façon, ça ne changera pas grand chose pour moi, vu mon désir de me casser de tout ça. J'en ai marre. Marre d'être moi. J'embrasse Luce sur le front. Ptit gars. Reste en vie pour moi. Steuplaît. Toi, te laisse pas descendre. Toi, laisse pas les autres, laisse pas cette merde que tu prends te faire canner. Reste mon ptit gars. Je reste le front contre le sien. Je ne veux pas bouger. Je m'assieds sur ses genoux. Je veux pas me lever. Mais je veux monter voir le monde.
"On va voir le soleil se lever, Mufasa ?"
Je sais pas comment je fais pour encore pouvoir faire de l'humour. Je n'en ai aucune idée. Mais c'est là. C'est pas crédible, ça sonne un peu faux mais c'est là. Je veux le faire sourire. Même si il doit arriver sur la fin de sa dose. Je ne veux pas qu'il se fasse du mal, de nouveau, je ne veux pas qu'il souffre encore plus, d'une auto-flagellation, physique comme mentale. Mais comme je ne peux pas réellement l'empêcher alors je préfère essayer de rendre son quotidien un peu plus lumineux. Je fais ce que je peux. J'aimerais bien prendre sa dose, mais lui il en a besoin. Il n'a pas pu faire les poches de qui que ce soit vu qu'on était en soirée. C'est de ma faute. C'est moi qui ai proposé. C'était ma dose d'avance. Je préfère la lui donner pour qu'il ne se fasse pas mal. Moi c'est pas grave. Moi c'est mérité. Je veux aller voir les hautes lumières, celles du ciel, celles qu'on ne pourra jamais ternir, celles qu'on ne verra jamais s'éteindre. Parce que je ne pense pas que la fin du monde soit pour bientôt. Une chose est sûre, moi, je ne la verrais pas. Je me lève de ses genoux et je lui tends la main. Je ne veux pas perdre le contact physique. Je veux toujours avoir l'impression de faire le bon choix. Je sais que dès qu'il s'éloignera, je vais me mettre à douter. Et je ne le veux pas. Je veux continuer de penser que ce que je fais est bien et que j'allège le monde d'un monstre. Je ne veux pas commencer à penser à ce que se dira Luce. Je ne veux pas me dire que je suis en train de l'abandonner, ce pauvre gosse. Et je ne veux surtout, surtout pas penser à sa réaction. Je vais le sauver. C'est moi qui l'empêche de remonter à la surface. Il lui faut juste de la volonté. Je vais lui montrer de la seule fin qu'il aura à continuer sur cette voie là. Ça vous pourrit la vie, ça vous pourrit l'esprit. Ça vous donne l'impression de ne plus être quoi que ce soit. Juste un monstre. Vous commencez parce que vous vous voulez oublier vos pensées habituelles. Vous commencez en vous disant que peut-être ça vous aidera à aller mieux. Mais la vérité est toute autre. La vérité c'est ce à quoi vous n'aviez pas réellement pensé. Ou du moins, vous vous disiez que ce ne serait pas si important, si effrayant. Vous ne pensiez pas que ça donnerait encore plus de réalisme à vos pensées, que vous vous détesteriez autant en voyant votre reflet de junkie dévastée dans le miroir. Que dès que vous prendrez conscience de votre égoïsme, vous voudrez vous frapper, vous arracher la gueule à grands coups d'ongles ou de griffes. Nan. Nan vous pensiez juste que vous alliez être en manque, comme n'importe quel humain sur terre, que vous n'iriez pas très bien mais que ça ira toujours mieux que quand vous ne vous droguiez pas. Mais c'est différent. Tellement différent. Vous n'êtes pas accro physiquement mais psychologiquement. Et c'est ça le plus dur. J'ai toujours ma couverture avec moi, mais je la déplie pour que Luce aie la place de venir avec moi en dessous. Nous partageons notre bouclier.

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